20/09/2011

Il faut sauver le médecin de famille!

Le médecin de famille est un maillon essentiel de notre système de santé. C'est auprès de lui que nous nous rendons en priorité si nous avons un souci de santé. C'est ensuite en principe le médecin de famille qui nous redirige, si nécessaire, vers des médecins spécialistes.

Depuis quelques années, il y a de moins de moins de médecins de famille dans notre pays et dans certaines régions, il y a carrément une pénurie et ceux qui partent à la retraite ont de plus en plus de peine à trouver des repreneurs pour leur cabinet médical.

L'association des médecins de famille estime que si rien n'est entrepris, la moitié d'entre eux prendront leur retraite d'ici 2016, sans qu'ils aient trouvé de successeur.

Être médecin de famille est un travail très exigeant, il faut en effet être très disponible, quasiment en permanence, ce qui est logique, vu que c'est au médecin de famille que s'adressent en général en premier les patients.

Les journées de médecins de famille sont donc en général très longues.

Par ailleurs, le médecin de famille est en général moins bien rémunéré que la majorité des ses collègues spécialistes, en application de la structure tarifaire Tarmed.

C'est donc sans surprise que la majorité des étudiants en médecine, souhaitent devenir des médecins spécialistes, ce qui est tout à fait logique et compréhensible.

La situation est préoccupante. Il fallait réagir. C'est ce qu'a fait l'association des médecins de famille en lançant une initiative populaire intitulée « oui à la médecine de famille », dont le but est d'ancrer dans la Constitution fédérale la garantie d'une médecine de base pour tous en Suisse.

Cette initiative populaire préconise des mesures en matière de formation et de rémunération pour enrayer la pénurie de généralistes. Elle a été signée par 200'000 personnes.

Le Conseil fédéral, qui a également pris conscience des problèmes susmentionnés, a présenté un contre-projet direct qui comporte des mesures visant à améliorer l'attractivité de la profession.

Alors que l'initiative populaire concerne les médecins de famille en particulier, le contre-projet direct ne considère pas la médecine de famille isolément et il essaie de donner des solutions interdisciplinaires en impliquant l'ensemble des professions du domaine de la santé, aux problèmes qui se posent.

Durant la procédure de consultation du contre-projet direct, les médecins de famille ont critiqué cette dernière en raison de l'absence de mesures concrètes qui pourraient permettre d'enrayer la pénurie de généralistes.

Quoi qu'il en soit, parallèlement au contre projet, le Département fédéral de l'Intérieur a proposé des mesures concrètes pour améliorer l'attractivité de la profession, ce qui est une bonne chose.

C'est cela qui est déterminant, car il faut agir rapidement, avant que le problème ne s'aggrave.

C'est bien entendu en intervenant sur le revenu des médecins de famille que les premières mesures doivent être prises.

Dans ce cadre, le Conseil fédéral a décidé de soutenir une initiative parlementaire lui donnant la compétence de procéder lui-même à des adaptations de la structure tarifaire Tarmed.

Il est clair que, si les différents partenaires ne trouvent aucun accord jusqu'à la fin de l'année 2011, le Conseil fédéral interviendra lui-même dans le cadre de la structure tarifaire pour revaloriser les prestations intellectuelles des médecins de famille.

Il s'agit-là de la première solution pour lutter contre la pénurie de médecin de famille mais elle ne sera pas suffisante à elle-seule.

Dans un deuxième temps, des mesures en matière de formation, relatives à la médecine de famille, suggérées par l'initiative populaire susmentionnée devront être introduites.

Dans un troisième temps, il conviendra à mon sens de supprimer le numerus clausus qui est actuellement en vigueur dans le cadre des études de médecine.

Selon les derniers chiffres disponibles, 850 étudiants ont terminé leur cursus académique en 2010, alors qu'il en faudrait 1200 pour répondre aux besoins.

Dans ces conditions, il est donc difficilement compréhensible que le numerus clausus soit maintenu.

Il faut que les mesures susmentionnées soient adoptées et qu'elles entrent en vigueur au plus vite, il est encore temps de remédier à la pénurie des médecins de famille, il ne faut surtout pas attendre qu'il soit trop tard.

 

Andreas Dekany

 

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