29/09/2011

Réseaux de soins intégrés : est-ce le début de la fin du libre choix du médecin?

On parle beaucoup des réseaux de soins intégrés ces derniers jours au Parlement fédéral.

Il s’agit-là d’une association de médecins qui prend en charge un collectif déterminé de patients, pour lesquels un contrat a été passé avec les caisses maladie qui les assurent. Le réseau dispose d’une rémunération forfaitaire par tête, au centre de la négociation avec les assureurs.

Le forfait couvre l’ensemble des soins dispensés à l’intérieur du réseau comme le recours à des spécialistes et les hospitalisations. Ce système doit en principe permettre à la fois une meilleure qualité de la prise en charge, car les médecins ont l’obligation de se concerter et également une plus grande maîtrise des coûts.

Cet important chantier du système des assurances sociales a été ouvert il y a sept ans et il a été bouclé la semaine dernière, suite à son adoption par les deux Chambres, ce qui n’a pas été facile.

Il y a eu de nombreuses divergences entre le Conseil national et le Conseil des Etats et une conférence de conciliation, ayant pour but d’écarter lesdites divergences, a même dû être organisée.

Les deux Chambres n’arrivaient en particulier pas à se mettre d’accord à propos de la quote-part devant être payée par les assurés ayant décidé de rejoindre un réseau et la quote-part devant être payée par les assurés qui décideraient de ne pas rejoindre de réseau.

Rappelons qu’actuellement, une fois leur franchise atteinte, les assurés doivent s’acquitter d’une quote-part de 10%, un plafond étant fixé à CHF 700.-.

En vertu des nouvelles dispositions votées la semaine dernière par le Parlement, la quote-part applicable aux assurés qui décident de rejoindre un réseau reste à 10% et leur participation aux frais, s’ils atteignent la franchise, est plafonnée à CHF 500.-.

En revanche, les assurés qui décident ne pas rejoindre de réseau, verront leur quote-part augmenter à 15% et, s’ils atteignent le montant de la franchise, leur participation aux frais, passera de CHF 700.- à CHF 1000.-.

Autrement dit, comme l’énonce le titre du journal « Le Temps » du 23 septembre 2011, « pour choisir librement son médecin, il faudra payer plus ».

Pour cette raison, je crains qu’on assiste en ce moment au début de la fin du libre choix du médecin, un principe auquel je suis très attaché.

J’espère me tromper.

Un référendum sera probablement lancé contre les dispositions de la LAMAL relatifves aux réseaux de soins intégrés, adoptées récemment par le Parlement et ainsi, le débat sera lancé.

J’espère toutefois que le débat sera constructif et qu’il ne se fera pas au détriment du système de santé suisse.

 

Andreas Dekany

18:22 Publié dans Humeur | Lien permanent | Commentaires (0) | |  Facebook

20/09/2011

Il faut sauver le médecin de famille!

Le médecin de famille est un maillon essentiel de notre système de santé. C'est auprès de lui que nous nous rendons en priorité si nous avons un souci de santé. C'est ensuite en principe le médecin de famille qui nous redirige, si nécessaire, vers des médecins spécialistes.

Depuis quelques années, il y a de moins de moins de médecins de famille dans notre pays et dans certaines régions, il y a carrément une pénurie et ceux qui partent à la retraite ont de plus en plus de peine à trouver des repreneurs pour leur cabinet médical.

L'association des médecins de famille estime que si rien n'est entrepris, la moitié d'entre eux prendront leur retraite d'ici 2016, sans qu'ils aient trouvé de successeur.

Être médecin de famille est un travail très exigeant, il faut en effet être très disponible, quasiment en permanence, ce qui est logique, vu que c'est au médecin de famille que s'adressent en général en premier les patients.

Les journées de médecins de famille sont donc en général très longues.

Par ailleurs, le médecin de famille est en général moins bien rémunéré que la majorité des ses collègues spécialistes, en application de la structure tarifaire Tarmed.

C'est donc sans surprise que la majorité des étudiants en médecine, souhaitent devenir des médecins spécialistes, ce qui est tout à fait logique et compréhensible.

La situation est préoccupante. Il fallait réagir. C'est ce qu'a fait l'association des médecins de famille en lançant une initiative populaire intitulée « oui à la médecine de famille », dont le but est d'ancrer dans la Constitution fédérale la garantie d'une médecine de base pour tous en Suisse.

Cette initiative populaire préconise des mesures en matière de formation et de rémunération pour enrayer la pénurie de généralistes. Elle a été signée par 200'000 personnes.

Le Conseil fédéral, qui a également pris conscience des problèmes susmentionnés, a présenté un contre-projet direct qui comporte des mesures visant à améliorer l'attractivité de la profession.

Alors que l'initiative populaire concerne les médecins de famille en particulier, le contre-projet direct ne considère pas la médecine de famille isolément et il essaie de donner des solutions interdisciplinaires en impliquant l'ensemble des professions du domaine de la santé, aux problèmes qui se posent.

Durant la procédure de consultation du contre-projet direct, les médecins de famille ont critiqué cette dernière en raison de l'absence de mesures concrètes qui pourraient permettre d'enrayer la pénurie de généralistes.

Quoi qu'il en soit, parallèlement au contre projet, le Département fédéral de l'Intérieur a proposé des mesures concrètes pour améliorer l'attractivité de la profession, ce qui est une bonne chose.

C'est cela qui est déterminant, car il faut agir rapidement, avant que le problème ne s'aggrave.

C'est bien entendu en intervenant sur le revenu des médecins de famille que les premières mesures doivent être prises.

Dans ce cadre, le Conseil fédéral a décidé de soutenir une initiative parlementaire lui donnant la compétence de procéder lui-même à des adaptations de la structure tarifaire Tarmed.

Il est clair que, si les différents partenaires ne trouvent aucun accord jusqu'à la fin de l'année 2011, le Conseil fédéral interviendra lui-même dans le cadre de la structure tarifaire pour revaloriser les prestations intellectuelles des médecins de famille.

Il s'agit-là de la première solution pour lutter contre la pénurie de médecin de famille mais elle ne sera pas suffisante à elle-seule.

Dans un deuxième temps, des mesures en matière de formation, relatives à la médecine de famille, suggérées par l'initiative populaire susmentionnée devront être introduites.

Dans un troisième temps, il conviendra à mon sens de supprimer le numerus clausus qui est actuellement en vigueur dans le cadre des études de médecine.

Selon les derniers chiffres disponibles, 850 étudiants ont terminé leur cursus académique en 2010, alors qu'il en faudrait 1200 pour répondre aux besoins.

Dans ces conditions, il est donc difficilement compréhensible que le numerus clausus soit maintenu.

Il faut que les mesures susmentionnées soient adoptées et qu'elles entrent en vigueur au plus vite, il est encore temps de remédier à la pénurie des médecins de famille, il ne faut surtout pas attendre qu'il soit trop tard.

 

Andreas Dekany

 

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12/09/2011

Politique de la santé et affiche interdite

Le fait de traiter de la fameuse affiche interdite du MCG, c'est faire de la publicité gratuite pour ce mouvement, c'est évident.

Les dirigeants du MCG savent parfaitement ce qu'ils font et ils sont probablement très contents du fait que ladite affiche ait été interdite, ainsi ils ont une occasion supplémentaire pour faire parler d'eux.

Ne pas parler de l'affiche interdite du MCG, ce serait toutefois laisser la voie libre à ce mouvement pour qu'il fasse cavalier seul dans le cadre des élections fédérales, en ce qui concerne la politique de la santé, qui touche tous les citoyens suisses.

Il est évident que le système actuel doit être modifié, il est en effet inacceptable que les assurés genevois paient des primes maladie supérieures aux coûts de la santé dans le canton de Genève.

Il est également inacceptable que grâce aux primes maladie surfaites, payées notamment par les assurés genevois, d'autres cantons, surtout de Suisse alémanique, puissent maintenir leurs primes maladie artificiellement basses.

Il faut que les électeurs genevois sachent que le Conseiller fédéral PLR Didier Burkhalter a identifié ces problèmes et qu'il y a apporté des solutions très claires et concrètes, entre autres les suivantes :

D'une part, il a notamment prévu une rétrocession d'une partie des primes maladie payées en trop par les assurés des cantons, qui ont payé des primes trop élevées par rapport aux coûts de la santé, dont les assurés genevois. J'ai traité en détail de cette question dans un article auquel je renvoie(http://leblogdandreasdekany.blog.tdg.ch/archive/2011/08/24/e615c87e7c6e39f963b035e271d11869.html).

Cette mesure implique une modification de la Loi fédérale sur l'assurance-maladie (LAMAL), la procédure de consultation y relative est actuellement en cours.

D'autre part, le Département de Didier Burkhalter a proposé l'adoption d'une Loi fédérale sur la surveillance des assurances-maladie (LSA), qui prévoit la création d'une autorité de surveillance des assurances-maladie, qui aura notamment la compétence d'ordonner le remboursement des primes maladie payées en trop par les assurés, si lesdites primes ont été supérieures aux coûts effectifs de la santé.

Je viens de le démontrer, Didier Burkhalter, élu il y a deux ans, a identifié les problèmes et il y apporte des solutions concrètes.

La mise en place de ces mesures prend bien entendu du temps, étant donné que la procédure législative en Suisse est plutôt longue et une loi ne peut en principe pas être adoptée du jour au lendemain.

Pour revenir au MCG, on a de la peine à voir en quoi le fait de se faire interdire une affiche et de porter des accusations contre certaines personnes, comme le fait le MCG, contribue à régler les problèmes que je viens d'évoquer.

On a également de la peine à voir en quoi l'élection d'un parlementaire MCG permettrait d'apporter des solutions.

En effet, même si le MCG réussit à faire élire un de ses représentants à Berne, celui-ci ne fera partie d'aucun groupe parlementaire, étant donné qu'il faut avoir au moins cinq élus pour pouvoir constituer un groupe parlementaire. Ceci aura pour conséquence qu'il serait isolé, sa marge de manœuvre serait forcément extrêmement limitée et il n'aurait quasiment aucune influence sur la politique de la santé.

Il est évident que le fait de voter pour les candidats MCG, que ce soit lors des élections au Conseil national ou lors des élections au Conseil des Etats ne réglera en rien les problèmes des assurés genevois.

En revanche, le fait de voter pour les candidats PLR permettra clairement de soutenir la politique de Didier Burkhalter et de contribuer à l'adoption par le Parlement, des mesures qu'il a proposées, présentées ci-dessus.

Il faut que les électeurs genevois le sachent.

 

 

Andreas Dekany

 

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