14/10/2011

Des propositions concrètes pour lutter contre le surendettement des jeunes

Dans un article paru au début du mois de juillet 2011 dans la Tribune de Genève, on pouvait lire le titre suivant : « Les dettes plombent la vie de 40% des jeunes ».

Le surendettement des jeunes est en effet un vrai problème de la société de consommation dans laquelle nous vivons.

En 2007, la Commission fédérale de l’enfance et de la jeunesse, a publié un rapport intitulé « Jeune et Pauvre, un tabou à briser » qui mentionne les statistiques suivantes : un quart des jeunes de 16 ans à 25 ans dépensent plus d’argent qu’ils n’en ont, 80% des personnes surendettées contractent leurs dettes avant l’âge de 25 ans. Le destin que peuvent connaître les jeunes qui tombent dès leur plus jeune âge dans la spirale du surendettement n’est pas difficile à deviner : La plupart d’entre eux finissent à l’aide sociale, ceci ressort d’ailleurs des statistiques de l’Hospice général.

L’origine du problème est évidente et elle a d’ailleurs été relevée par Me Florence BETTSCHART, avocate à la Fédération romande des consommateurs, qui a été citée dans l’article de la Tribune de Genève susmentionné. Elle dénonce la facilité qu’ont les 18-25 ans, sans réel salaire à conclure un ou plusieurs contrats d’abonnements de téléphone, à faire des achats sur Internet, payables par mensualités ou à contracter un crédit.

A mon sens, il faut intervenir au plus vite pour régler ces problèmes.

Il faudrait notamment modifier la Loi sur le Crédit à la consommation (LCC). En effet, cette dernière était censée apporter une certaine protection du consommateur contre le surendettement. Cette loi oblige certes les sociétés de crédit à analyser la « capacité contributive » du preneur de crédit, ce qui a pour but « d’empêcher le surendettement occasionné par un crédit à la consommation » comme l’énonce l’article 22 de la LCC. Les prêteurs ont certes dû créer un centre de renseignements sur le crédit à la consommation, auquel les organismes de crédit ont l’obligation d’annoncer tout nouveau crédit à la consommation soumis à la LCC.

Force est toutefois de constater que cette loi n’a pas eu pour effet d’empêcher le surendettement et en particulier pas celui des jeunes, malgré les bonnes intentions annoncées par la législateur. Une des raisons de cet échec est probablement le fait que beaucoup d’emprunteurs « passent entre les gouttes » tant les critères relatifs à l’examen de la capacité contributive sont vagues et tant les conditions d’une sanction en cas de non-respect de cet examen, prévus par la LCC, sont peu précises.

Il faudrait introduire dans la LCC des contrôles de la solvabilité beaucoup plus sévères qu’ils ne le sont actuellement.

Il ne faut plus accorder de petits crédits, de cartes de crédit et de leasings aux personnes qui n’ont pas un revenu suffisant pour payer les  remboursements mensuels, en plus de toutes leurs autres charges.

En effet, tout le côté paradoxal du crédit à la consommation peut être résumé ainsi : on prête de l’argent à des personnes qui n’en ont pas beaucoup, pour s’offrir des biens ou des services qu’ils ne pourraient pas se permettre au moyen de leur revenu et on leur permet de les obtenir pour un prix qui est largement supérieur à leur valeur réelle, vu les taux d’intérêts pratiqués par les prêteurs de nos jours.

La deuxième solution au problème du surendettement des jeunes, qui serait complémentaire à la première, est de faire de la prévention auprès des jeunes. Une jeune femme interrogée par la Tribune de Genève a notamment déclaré : « Quand un jeune commence son apprentissage, il faudrait que quelqu’un vienne dans les classes montrer l’importance de faire un budget ».

Ceci démontre bien que, même si la prévention n’est peut-être pas une solution miracle au problème du surendettement des jeunes, elle une partie essentielle de la solution.

En tous les cas, les parlementaires fédéraux doivent s’occuper de ce problème qui concerne beaucoup de personnes et beaucoup de familles à Genève et en Suisse.

 

Andreas Dekany, candidat au Conseil national sur la liste No 14, Les Jeunes libéraux-radicaux.

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