14/02/2012

Achat de nouveaux avions de combat: le « soap opera » de l’hiver!

Jusqu'à la fin de l'année 2011, je n'avais encore jamais eu l'occasion de m'intéresser de près aux avions de combat, je n'y connaissais pas grand-chose en fait.

La situation a un peu changé depuis quelques mois grâce à notre Conseil fédéral et grâce à Ueli Maurer en particulier.

L'achat de nouveaux avions  de combat par la Suisse est le feuilleton de l'hiver, un vrai soap opera avec de nombreux rebondissements !

Résumons la situation :

A la fin de l'année 2011, le Conseil fédéral décide d'acquérir 22 avions de la marque suédoise Gripen pour le montant de 3,1 milliards de nos francs.

L'avion français Rafale et l'avion allemand Eurofighter étaient en concurrence avec l'avion suédois et il apparaît clairement, même pour les non-initiés comme moi, que l'avion choisi était le moins performant des trois.

Il semble également évident que les deux autres avions sont très performants et de haute qualité.

Ueli Maurer expliquait pour jusitifer le choix que, même si le Gripen n'était effectivement pas le plus performant, il était apte à remplir sa mission principale, à savoir la police du ciel.

Autrement dit, d'après le Conseiller fédéral, le Gripen, sans être une Ferrari, est au moins une bonne VW Golf qui suffirait largement aux besoins de la Suisse, en particulier pour assurer la police du ciel.

L'argument principal qui justifiait apparemment le choix de l'avion suédois : son prix "avantageux"; 22 avions pour 3,1 milliards de francs.

Mais voilà que quelques semaines plus tard, on apprenait que la société Dassault, qui produit les avions Rafale, avait fait part à certains parlementaires d'une nouvelle offre: 18 avions pour 2,7 milliards de francs.

Rappelons à ce stade que le dernier mot en ce qui concerne le choix définitif revient en principe au Parlement, éventuellement au peuple.

Dernier rebondissement en date, le dimanche 12 février, on apprenait que d'après deux rapports confidentiels des forces aériennes suisses, le Gripen serait inapte pour assurer la police du ciel!

La question qu'on se posait en apprenant cette nouvelle était la suivante: est-ce que Ueli Maurer était au courant de l'existence de ces rapports confidentiels des forces aériennes suisses ?

Yvan Perrin, Conseiller national UDC (NE) s'est très bien exprimé à ce propos dans une interview donnée au Matin Dimanche : « Soit Ueli Maurer était au courant de ces rapports et ça ne va pas. Soit il ne l'était pas et ça ne va pas non plus ».

On n'aurait pas pu mieux le dire !

Ensuite, lors d'une conférence de presse donnée en date du lundi 13 février 2012, par le Département d'Ueli Maurer, il était admis qu'il n'avait pas pris connaissance des rapports en question!

A présent, les parlementaires attendent bien entendu des explications de la part du Conseiller fédéral ce qu'on peut aisément comprendre.

Certains soupçonnent même Ueli Maurer de vouloir saboter l'achat des avions de combat.

Une sous-commission du Conseil national souhaite par ailleurs enquêter sur les circonstances du choix du Gripen.

Cette situation profite clairement à ceux qui s'opposent à l'achat de nouveaux avions de combat et ils risquent d'avoir gain de cause si ça continue comme ça.

Il est clair qu'on ne peut pas décider d'investir plus de trois milliards d'argent public de cette façon.

Par ailleurs, même si je n'y connais pas grand-chose aux avions de combat, le nom « Gripen » ne m'était toutefois pas complètement inconnu, avant le début de ce feuilleton.

J'en avais déjà entendu parler en Hongrie dans le cadre d'une affaire appelée tout simplement «l'affaire Gripen » (a Gripen ügy).

Au début des années 2000, la Hongrie devait remplacer ses avions MIG 29, suite à son adhésion à l'OTAN.

Il était pendant longtemps question d'acquérir des F-16 américains et au dernier moment: coup de théatre ! C'est l'avion suédois Gripen qui a été choisi, à la surprise générale, il était en effet clair pour tous que ces avions étaient de qualité inférieure.

L'affaire Gripen est par la suite devenue une affaire de corruption internationale, impliquant notamment la Hongrie, la Tchéquie et bien-sûr la Suède.

Le grand public ignore à ce jour presque tout des détails de cette affaire.

En tous cas, que ce soit ici ou là, on n'a pas fini d'entendre parler des Gripen !

 

 

Andreas Dekany

 

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