17/02/2012

L’ASLOCA agit à l’encontre des intérêts de ses membres; heureusement pour eux la justice genevoise a déclaré ses recours irrecevables!

Dans le cadre du feuilleton « l'ASLOCA agit à l'encontre des intérêts de ses membres », le 13 février 2012, le DCTI a publié un communiqué de presse mentionnant deux recours de l'ASLOCA qui ont été déclarés irrecevables par la Chambre administrative de la Cour de justice.

Cette double défaite de l'ASLOCA devant la justice permet (enfin) d'aller de l'avant dans le cadre de la construction, notamment, de quatorze immeubles comprenant 600 logements et d'une école primaire, dans la Commune de Lancy au lieu-dit Pont-Rouge.

Mais revenons en arrière ; de quoi s'agit-il exactement ?

L'objectif est de réaliser des immeubles commerciaux et 600 logements dans le quartier susmentionné.

Pour atteindre cet objectif, il fallait que le Grand-Conseil modifie certaines limites de zones et que le Conseil d'Etat adopte un plan localisé de quartier.

C'est ainsi qu'en date du 27 mai 2010 le Grand Conseil a adopté une loi approuvant un plan modifiant les limites de zones sur le territoire de Lancy, dans les secteurs du Pont-Rouge et de la gare CEVA.

Pour des raisons qui sont difficilement compréhensibles et qui n'ont clairement aucun lien avec ses buts statutaires, à savoir la défense des intérêts de ses membres locataires, l'ASLOCA a recouru contre cette loi.

Ensuite, par arrêté du 29 septembre 2010, le Conseil d'Etat a approuvé un plan localisé de quartier relatif à un territoire de la commune de Lancy dans le secteur dit « Pont-Rouge », qui se situe entre la route des Jeunes et les voies ferrées, tout près du carrefour de l'Etoile.

L'ASLOCA a (évidemment) également recouru contre cet arrêté, à nouveau pour des raisons qui n'ont rien à voir avec la défense des intérêts de ses membres locataires.

Dans deux arrêts du 24 janvier 2012, la Chambre administrative de la Cour de justice a déclaré les deux recours de l'ASLOCA irrecevables !

Comme dans le cadre de l'affaire relative au recours contre une surélévation d'immeubles, la Chambre administrative de la Cour de justice a été extrêmement claire :

Elle observe que selon la loi et ses statuts l'ASLOCA n'a pas la qualité pour recourir contre un déclassement et contre un plan localisé de quartier.

La Chambre administrative rappelle que le but de l'ASLOCA est la défense des intérêts de ses membres locataires.

Il était utile de rappeler ce qui précède, car il semble que les représentants de l'ASLOCA aient oublié ce détail.

Dans l'arrêt consécutif au recours contre la loi adoptée par le Grand Conseil, prévoyant le déclassement, la Chambre administrative relève d'ailleurs expressément que l'ASLOCA a agi à l'encontre des intérêts de ses membres en recourant contre cette loi !

La Chambre administrative a en effet relevé dans son arrêt que la demande d'annulation de la loi aurait même desservi les intérêts des membres de l'ASLOCA, étant donné que l'admission du recours aurait conduit au rétablissement de la zone ferroviaire initiale, rendant ainsi impossible la construction de logements !

Au vu de ce qui précède les questions que peuvent légitimement se poser les membres locataires de l'ASLOCA sont les suivantes :

-Pourquoi une association dont le but est la défense de ses membres locataires, bloque sans cesse la construction de logements à Genève et ce, de surcroît, en période de pénurie de logements ?

-Quel montant l'ASLOCA a-t-elle dépensé ces dernières années dans le cadre des procédures de recours, dont le but était de bloquer la construction de nouveaux logements?

En tous les cas, ce qui est sûr, c'est que le feuilleton « l'ASLOCA agit à l'encontre des intérêts de ses membres locataires » n'est pas terminé.

Ces quelques défaites devant les Tribunaux ne vont assurément pas la décourager de bloquer à nouveau la construction de logements, dont les genevois ont tant besoin !

 

Andreas Dekany

 

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14/02/2012

Achat de nouveaux avions de combat: le « soap opera » de l’hiver!

Jusqu'à la fin de l'année 2011, je n'avais encore jamais eu l'occasion de m'intéresser de près aux avions de combat, je n'y connaissais pas grand-chose en fait.

La situation a un peu changé depuis quelques mois grâce à notre Conseil fédéral et grâce à Ueli Maurer en particulier.

L'achat de nouveaux avions  de combat par la Suisse est le feuilleton de l'hiver, un vrai soap opera avec de nombreux rebondissements !

Résumons la situation :

A la fin de l'année 2011, le Conseil fédéral décide d'acquérir 22 avions de la marque suédoise Gripen pour le montant de 3,1 milliards de nos francs.

L'avion français Rafale et l'avion allemand Eurofighter étaient en concurrence avec l'avion suédois et il apparaît clairement, même pour les non-initiés comme moi, que l'avion choisi était le moins performant des trois.

Il semble également évident que les deux autres avions sont très performants et de haute qualité.

Ueli Maurer expliquait pour jusitifer le choix que, même si le Gripen n'était effectivement pas le plus performant, il était apte à remplir sa mission principale, à savoir la police du ciel.

Autrement dit, d'après le Conseiller fédéral, le Gripen, sans être une Ferrari, est au moins une bonne VW Golf qui suffirait largement aux besoins de la Suisse, en particulier pour assurer la police du ciel.

L'argument principal qui justifiait apparemment le choix de l'avion suédois : son prix "avantageux"; 22 avions pour 3,1 milliards de francs.

Mais voilà que quelques semaines plus tard, on apprenait que la société Dassault, qui produit les avions Rafale, avait fait part à certains parlementaires d'une nouvelle offre: 18 avions pour 2,7 milliards de francs.

Rappelons à ce stade que le dernier mot en ce qui concerne le choix définitif revient en principe au Parlement, éventuellement au peuple.

Dernier rebondissement en date, le dimanche 12 février, on apprenait que d'après deux rapports confidentiels des forces aériennes suisses, le Gripen serait inapte pour assurer la police du ciel!

La question qu'on se posait en apprenant cette nouvelle était la suivante: est-ce que Ueli Maurer était au courant de l'existence de ces rapports confidentiels des forces aériennes suisses ?

Yvan Perrin, Conseiller national UDC (NE) s'est très bien exprimé à ce propos dans une interview donnée au Matin Dimanche : « Soit Ueli Maurer était au courant de ces rapports et ça ne va pas. Soit il ne l'était pas et ça ne va pas non plus ».

On n'aurait pas pu mieux le dire !

Ensuite, lors d'une conférence de presse donnée en date du lundi 13 février 2012, par le Département d'Ueli Maurer, il était admis qu'il n'avait pas pris connaissance des rapports en question!

A présent, les parlementaires attendent bien entendu des explications de la part du Conseiller fédéral ce qu'on peut aisément comprendre.

Certains soupçonnent même Ueli Maurer de vouloir saboter l'achat des avions de combat.

Une sous-commission du Conseil national souhaite par ailleurs enquêter sur les circonstances du choix du Gripen.

Cette situation profite clairement à ceux qui s'opposent à l'achat de nouveaux avions de combat et ils risquent d'avoir gain de cause si ça continue comme ça.

Il est clair qu'on ne peut pas décider d'investir plus de trois milliards d'argent public de cette façon.

Par ailleurs, même si je n'y connais pas grand-chose aux avions de combat, le nom « Gripen » ne m'était toutefois pas complètement inconnu, avant le début de ce feuilleton.

J'en avais déjà entendu parler en Hongrie dans le cadre d'une affaire appelée tout simplement «l'affaire Gripen » (a Gripen ügy).

Au début des années 2000, la Hongrie devait remplacer ses avions MIG 29, suite à son adhésion à l'OTAN.

Il était pendant longtemps question d'acquérir des F-16 américains et au dernier moment: coup de théatre ! C'est l'avion suédois Gripen qui a été choisi, à la surprise générale, il était en effet clair pour tous que ces avions étaient de qualité inférieure.

L'affaire Gripen est par la suite devenue une affaire de corruption internationale, impliquant notamment la Hongrie, la Tchéquie et bien-sûr la Suède.

Le grand public ignore à ce jour presque tout des détails de cette affaire.

En tous cas, que ce soit ici ou là, on n'a pas fini d'entendre parler des Gripen !

 

 

Andreas Dekany

 

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