07/03/2012

Réseaux de soins intégrés: Est-ce le début de la fin du libre choix du médecin? Le peuple aura le dernier mot!

On a beaucoup entendu parler des réseaux de soins intégrés ces derniers mois, notamment du côté de l'Assemblée fédérale.

Il s'agit-là d'une association de médecins qui prend en charge un collectif déterminé de patients, pour lesquels un contrat a été passé avec les caisses maladie qui les assurent. Le réseau dispose d'une rémunération forfaitaire par tête, au centre de la négociation avec les assureurs.

Le forfait couvre l'ensemble des soins dispensés à l'intérieur du réseau comme le recours à des spécialistes et les hospitalisations.

Ce système devrait en principe, en tous cas d'après les personnes qui y sont favorables, permettre à la fois une meilleure qualité de la prise en charge, car les médecins ont l'obligation de se concerter et également une plus grande maîtrise des coûts.

En automne 2011, les Chambres fédérales ont modifié la Loi fédérale sur l'assurance-maladie (LAMal), de manière à promouvoir ces réseaux de soins.

Le législateur a décidé que la quote-part devant être payée par les assurés qui choisiraient de rejoindre un réseau serait moins élevée que la quote-part qui devrait être payée par les assurés qui décideraient de ne pas rejoindre de réseau.

Rappelons qu'actuellement, une fois leur franchise atteinte, les assurés doivent s'acquitter d'une quote-part de 10%, un plafond étant fixé à CHF 700.-.

En vertu des nouvelles dispositions votées par le Parlement, la quote-part applicable aux assurés qui décident de rejoindre un réseau resterait à 10% et leur participation aux frais, s'ils atteignent la franchise, serait plafonnée à CHF 500.-.

Les assurés qui décideraient ne pas rejoindre de réseau, verraient, quant à eux, leur quote-part augmenter à 15% et, s'ils atteignent le montant de la franchise, leur participation aux frais passerait de CHF 700.- à CHF 1000.-.

Un référendum a été lancé contre cette modification de la LAMal, notamment par la Fédération des médecins suisses (FMH), ainsi que par de nombreuses sociétés médicales.

Le référendum a abouti.

Le peuple aura donc le dernier mot et il pourra se prononcer sur cet objet à l'occasion d'une votation populaire.

Je fais partie des signataires de ce référendum.

Je n'ai en effet pas été convaincu par les initiateurs de cette révision de la LAMal du fait que les réseaux de soins permettraient effectivement de faire des économies et de maîtriser les coûts.

Par voie de conséquence, je ne pense pas qu'il est justifié que les personnes qui décideraient de ne pas adhérer à un réseau de soins et qui souhaiteraient choisir librement leur médecin à l'avenir, devraient payer plus pour conserver cette liberté.

D'ailleurs, comme j'ai eu l'occasion de l'écrire dans un article précédent, je crains que cette révision de la LAMal, telle que décrite ci-dessus, soit le début de la fin du libre choix du médecin.

 

Andreas Dekany

 

18:19 Publié dans Air du temps | Lien permanent | Commentaires (1) | |  Facebook

Commentaires

Merci pour cette explication si bien détaillée et très claire.
Ce qui est implicite dans l'organisation des réseaux de soin, en plus de la fin du libre-choix du médecine, c'est la fin d'une médecine qui soigne un malade porteur d'une maladie et non seulement les symptômes des maladies.
Tous les calculs faits sont basés sur des soins de maladies, comme on y est déjà arrivé pour les soins hospitaliers qui se tarifient sur les cas.
Ainsi, on ne tient pas compte que l'obligation de consulter certains médecins font quitter le médecin de famille à qui on peut se confier bien plus qu'à un inconnu. Ainsi, de nombreux paramètres échapperont au médecin imposé et divers problèmes s'en suivront qui, par la suite, auront leurs coûts.
La relation médecin-malade a été étudiée moult fois et il est dommage que les économistes des caisses -maladie n'en tiennent pas compte. Notre médecine devient ainsi bien restrictive et, quant à la médecine ambulatoire, elle risque bien de se réduire à un service de dépannage!

Écrit par : Marie-France de Meuron | 07/03/2012

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