22/06/2012

Le Parti socialiste genevois est-il un «tueur d’emplois»?

Jeudi soir, j'ai eu l'occasion d'écouter un débat très intéressant à l'émission « Forum » de la RTS.

A ma droite, Edouard Cuendet, député PLR au Grand Conseil genevois, grand spécialiste de l'économie, de la place financière genevoise et des sujets liés à la fiscalité en général.

A ma gauche, Romain de Sainte-Marie, jeune et grand espoir du Parti socialiste genevois qu'il préside.

Il était question de l'initiative socialiste dont le but est de supprimer les allégements fiscaux accordés aux multinationales.

Edouard Cuendet a très justement rappelé la haine des socialistes genevois contre les multinationales, qu'ils traitent de parasites et de profiteurs, cette liste étant bien entendu non-exhaustive.

Le but déclaré et avoué du Parti socialiste genevois est de chasser les multinationales du Canton de Genève.

Le fait que lesdites multinationales représentent plusieurs dizaines de milliers d'emplois directs et indirects pour Genève est complètement égal au Parti socialiste genevois.

Il faut savoir que les recettes fiscales liées aux multinationales s'élèvent à plusieurs centaines de millions de francs par an pour notre Canton.

Il est clair que le Parti socialiste genevois se désintéresse complètement de l'origine des recettes fiscales.

Il sait par contre très bien comment dépenser lesdites recettes fiscales pour financer toutes sortes de prestations aux frais de l'Etat et par conséquent aux frais du contribuable.

Il est par ailleurs très important de rappeler ici les propos tenus le 24 avril 2012, lors de l'annonce de la fermeture de site de Serono, par Mme Sandrine Salerno, Conseillère administrative socialiste, chargée des finances en Ville de Genève.

S'est-elle inquiétée pour les centaines de personnes qui étaient sur le point de perdre leur emploi ou encore pour les pertes de recettes fiscales pour la Ville de Genève, qui vont s'élever à plusieurs dizaines de millions de francs ?

Bien-sûr que non! Elle a tout simplement déclaré qu'elle n'était pas inquiète pour les «collaborateurs en col blanc qui peuvent facilement retrouver un emploi».

Mis à part le mépris dont elle a fait preuve à cette occasion, Mme Salerno a parlé trop vite sans même connaître la situation.

Serono employait certes une centaine de chercheurs mais la grande majorité des employés travaillant sur le site de Genève était composée de secrétaires, de cuisiniers, ou encore de laborantins, il ne s'agissait donc pas des fameux « cols blancs », employés de multinationales, tant détestés par Mme Salerno et son parti.

Pour en revenir à l'initiative socialiste contre les allégements fiscaux, dont le but est de chasser les multinationales de Genève, il est évident que le Parti socialiste en soutenant cette initiative se comporte comme un «tueur d'emplois», comme l'a soulevé Edouard Cuendet lors du débat d'hier à l'émission Forum et comme un "tueur de recettes fiscales" par la même occasion.

La Parti socialiste genevois a d'ailleurs une excellente ambassadrice pour atteindre son but avec Mme Sandrine Salerno.

Ce sont évidemment ceux qui soutiennent cette fameuse initiative, qui seront scandalisés, choqués et outrés le jour où il faudra baisser le salaire des fonctionnaires et les prestations sociales car il n'y aura plus assez de recettes fiscales pour les financer...notamment si les multinationales décidaient de quitter notre Canton à cause des nombreuses attaques du Parti socialiste genevois.

Il est vrai que les socialistes genevois ne sont pas à une contradiction près...

 

Andreas Dekany

 

 

18:30 Publié dans Genève | Lien permanent | Commentaires (2) | |  Facebook

Commentaires

C'est bien connu : les socialistes ne se soucient guère de la provenance de l'argent qui finance leurs dépenses et leurs caprices...et ils sont nombreux (les caprices donc...quoique les socialistes aussi et là c'est tout de suite moins drôle). Excellent article joliment représentatif de nos "Roses", bravo :-)

Écrit par : Valérie | 22/06/2012

Excellent résumé que vos dernières lignes. Au delà de ça, je trouve intéressant la position du Conseil d'Etat qui veut donner la préférence à l'innovation et à la production. On ne peut pas continuer à ce reposer sur le tout bancaire ou administratif. On a besoin d'une économie diversifiée ou les PME ont un rôle à jouer. Le seul HIC ! la valeur du CHF !
Les socialistes et leurs contradictions reposent sûrement sur différents courants de pensées défenduent par certaines personnes. Elles n'ont pas osé faire le pas de partir dans un parti ou mouvement plus à gauche.
En parallèle, à droite, concernant l'entente, on pourrait aussi se poser la question à quoi elle sert quand on voit les prises de positions sur certains sujet. Je suis convaincu que l'on devrait interdire les apparentements; chaque parti se présente seul et celui qui a un programme crédible recevra l'aval d'une majorité des électeurs. C'est lors des débats dans les législatifs, que l'entente pourra se faire sur tel ou tel sujet. Il me semble que cela serait plus honnête.

Écrit par : Herbert Ehrsam | 23/06/2012

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