14/01/2014

Hongrie : Qui peut battre le Premier Ministre Viktor Orbàn lors des élections parlementaires de 2014 ?

Viktor Orbàn a été Premier Ministre de Hongrie une première fois entre 1998 et 2002, au début de son mandat, il avait à peine 35 ans.

Après une traversée du désert de 8 ans, consécutive à deux victoires socialistes en 2002 et 2006, il est revenu au pouvoir et de quelle manière !

En 2010, Viktor Orbàn et son parti, le FIDESZ, ont remporté plus de deux tiers des sièges au Parlement, ce qui leur a donné les pleins pouvoirs, leur permettant de modifier de nombreuses lois et la Constitution.

Depuis quatre ans, le gouvernement Orbàn n’a pas chômé et c’est le moins que l’on puisse dire.

Le Parlement, qui lui est entièrement soumis, a en effet adopté des dizaines de lois, ainsi qu’une nouvelle Constitution.

En ce qui concerne la situation économique en Hongrie, le gouvernement est très content de son action, notamment car le déficit budgétaire a pu être réduit au cours de ces dernières années. Bruxelles a d’ailleurs suspendu les sanctions contre la Hongrie dans ce cadre.

En outre, le prêt accordé par le FMI lors de la crise de 2008 a été entièrement remboursé l’année dernière.

Selon le gouvernement, le nombre des personnes ayant un emploi aurait par ailleurs augmenté.

En réalité, la situation économique hongroise est bien plus préoccupante que le prétend le gouvernement Orbàn.

En effet, d’une part, le nombre de personnes vivant en dessous du minimum vital a explosé au cours de ces dernières années.

D’autre part, des dizaines de milliers de personnes ont quitté le pays depuis 2010 pour tenter leur chance à l’étranger, le plus souvent en Europe de l’Ouest, notamment en Allemagne et en Angleterre.

Au printemps auront lieu les élections parlementaires en Hongrie, leur date exacte doit encore être annoncée prochainement par le Président hongrois Jànos Àder, les rumeurs courent cependant depuis quelques temps déjà qu’elles auront lieu en date du 6 avril 2014.

Les sièges de l'opposition au Parlement sont occupés par des députés du Parti socialiste (MSZP), du Demokratikus Koalicio (DK), nouveau parti de l’ancien Premier Ministre socialiste, Ferenc Gyurcsàny.

Dans les rangs de l’opposition, on peut également trouver les écologistes du LMP et certains députés du mouvement de l’ancien Premier Ministre Gordon Bajnai, Együtt 2014 (E2014) et enfin les députés du parti d’extrême droite, le Jobbik.

Parmi ses nombreuses actions, le gouvernement Orbàn a notamment modifié le mode de scrutin.

Depuis les premières élections libres de 1990, l’élection des députés au Parlement était à deux tours, il est à présent à un seul tour.

Alors qu’auparavant, le premier tour permettait de « tâter le terrain » en vue du deuxième tour et de retirer les candidats trop faibles dans un deuxième temps, à présent il faut absolument faire alliance au premier tour pour avoir un espoir de remporter l'élection.

D’une façon très habile, Viktor Orbàn et le FIDESZ ont absorbé ou éliminé tous les partis de la droite modérée, qui auraient pu lui faire concurrence, ils n’ont ainsi pas trop à craindre une dispersion des voix dans leur camp.

C’est tout le contraire à gauche ; le DK de Ferenc Gyurcsàny, le MSZP d'Attila Mesterhàzy et l’E2014 de Gordon Bajnai sont des partis et des mouvements de gauche dont les dirigeants travaillaient autrefois ensemble au sein du Parti socialiste, à présent toutes ces personnes ont leur propre parti ou leur propre mouvement.

L'opposition de gauche qui veut chasser Viktor Orbàn du pouvoir, sait parfaitement qu’elle n’a pas le choix, si elle  veut avoir une chance de l’emporter : il faut mettre ses ambitions personnelles de côté et il faut s’allier, vu le scrutin à un tour.

Après des mois et des mois de négociations et de fausses bonnes nouvelles, on vient de l’apprendre en date du mardi 14 janvier 2014 : l’opposition de gauche (MSZP, E2014, DK notamment) a décidé de faire liste commune aux élections parlementaires du printemps, avec un candidat unique pour le poste de Premier ministre, le Président du Parti socialiste, Attila Mesterhàzy.

Ce n’est pas trop tôt et c’est peut-être même trop tard pour pouvoir l’emporter au printemps, sachant que le FIDESZ de Viktor Orbàn est clairement le parti qui a le plus de moyens financiers et c’est également lui qui a le soutien de la plupart des médias hongrois.

Il faut toutefois tenir compte du fait que cette alliance de l’opposition était à un certain moment inespérée, tant les personnes qui la composent ont dû faire l’effort d’oublier certains litiges qui les ont opposés dans le passé.

Vu sous cet angle, cette alliance est un exploit!

En tous cas, grâce à l’alliance des partis de l’opposition de gauche, les élections hongroises seront beaucoup plus disputées que prévu.

La réélection de Viktor Orbàn au poste de Premier Ministre n'est désormais plus une simple formalité.

 

 

 

Andreas Dekany

 

 

 

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