03/11/2014

Critical Mass : L’histoire du policier qui m’a reproché de m’être retrouvé au milieu de la manifestation

J’essayais de circuler en voiture, en date du vendredi 31 octobre 2014 vers 19h30, à la rue de Lyon en direction de Plainpalais.

Toutes les voitures et les bus étaient bloqués dans les deux sens.

Tout à coup, j’ai vu des dizaines de policiers, à pied, à moto. Je n’avais pas constaté une telle concentration de policiers depuis le G8 de 2003…

Ensuite, j’ai vu des cyclistes descendre la rue de Lyon et là je me suis rappelé que c’était le dernier vendredi du mois et donc : Critical Mass.

J’ai réussi à faire quelques mètres et je suis finalement resté bloqué à un feu rouge, plus personne ne pouvait avancer, sauf bien entendu les cyclistes de la manifestation, auxquels la police avait ouvert la voie.

A cet instant, un policier à moto est venu me demander de descendre la vitre et il m’a dit d’un ton qui m’a fait penser à celui d’un maître d’école qui engueule son élève qu’il aurait attrapé en train de tricher lors d’une récitation :

« Si vous aviez suivi mes instructions, vous vous seriez arrêté plus haut, maintenant vous voilà au milieu des cyclistes ! Bravo ! ».

Malheureusement le policier est tout de suite parti et je n’ai pas eu le temps de lui dire les choses suivantes :

J’aurais voulu dire au policier que :

-          Je regrettais d’avoir osé utiliser ma voiture pour la première fois de la semaine et d’avoir emprunté un axe principal de ma Ville dont je suis l’habitant et le contribuable ;

 

-          J’étais désolé de ne pas avoir su et prévu qu’une manifestation non autorisée passerait par la rue de Lyon au moment où je l’ai empruntée ;

 

-          Je lui demandais pardon de ne pas avoir vu ses instructions dans la nuit, des instructions qui n’étaient peut-être pas si claires que ça, car d’autres automobilistes qui se trouvaient derrière moi, ne semblaient pas les avoir vues ou comprises non plus ;

 

-          Je regrettais de l’avoir dérangé dans son travail, alors qu’il voulait simplement ouvrir la voie à une manifestation non autorisée et moi j’ai failli tout gâcher.

Par la suite, j’ai lu dans le Tribune de Genève du 31 octobre 2014 :

« Les gendarmes auront leur carnet de souche en main prévient l’autorité afin cas échéant de sanctionner tout comportement illicite de l’ensemble des usagers de la route ».

J’ai également lu dans la Tribune de Genève du samedi 1er novembre 2014 :

« Critical Mass : Quand la police ouvre la voie, c’est magique ».

En lisant cela, j’ai tellement regretté de ne pas avoir demandé son numéro de matricule au policier à moto.

Je lui aurais écrit une lettre de remerciements et d'excuses.

-          Je l’aurais remercié de ne pas m’avoir donné d’amende ;

 

-          Je l’aurais remercié d’avoir ouvert la voie à la manifestation non autorisée de cyclistes ;

 

-          Je lui aurais demandé de bien vouloir m’excuser d’avoir osé gêner son travail et la manifestation.

Et j’ajouterai que c’était vraiment un moment magique, surtout pour les automobilistes et pour les passagers des bus et des véhicules coincés dans les bouchons.

Heureusement, les cyclistes, eux, ne sont pas restés coincés dans les bouchons, c’est finalement le plus important et les méchants automobilistes ont été rappelés à l’ordre…

La police a si bien ouvert la voie à la manifestation de cyclistes de vendredi qu’il faudrait que d’autres usagers de la route s’inspirent du modèle de Critical Mass.

Je suggère donc aux propriétaires de motos, de skateboards, de trottinettes ou encore de tracteurs d’organiser une manifestation du même genre !

Ils n'auront pas besoin d’autorisation et la police leur ouvrira la voie, engueulera voire amendera les automobilistes malintentionnés qui tenteraient de gêner ou de retarder la manifestation.

C’est génial, non ?

 

 

Note de l’auteur : Le texte ci-dessus a été écrit dans le style d’une chronique de Nicolas Bedos, dont je ne prétends bien entendu pas voir le talent. Je n’en veux pas au policier dont je parle et mon but n’est pas de le critiquer, il faisait son travail en appliquant des instructions, qu’il a lui-même reçues. Il aurait sans doute voulu être à des dizaines de kilomètres de là (comme moi d’ailleurs) au lieu de devoir encadrer cette manifestation.

Ce texte a pour but de souligner par l’absurde, que, parfois, ceux qui respectent la loi, se font taper sur doigts, tandis que ceux qui ne la respectent pas…vous avez compris.

 

 

Andreas Dekany

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Commentaires

Bravo !

Écrit par : Pascal Décaillet | 03/11/2014

...la prochaine critical mass, je suggère qu'on aille à pied bloquer les cyclistes, et de voir s'ils ont la même patience qu'ils attendent des automobilistes...

Écrit par : vieuxschnock | 03/11/2014

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