11/11/2014

9 Novembre 1989 : La chute du mur de Berlin synonyme de liberté même pour moi

L’Allemagne a fêté les 25 ans de la chute du mur de Berlin dimanche, un évènement historique, qui a changé la vie de nombreuses personnes, y compris la mienne, comme je vais l’expliquer.

L’époque à laquelle l’Europe était divisée en deux entre l’Est et l’Ouest n’est pas si lointaine.

A l’Ouest régnait la démocratie et le capitalisme et à l’Est la dictature et le communisme.

L’Allemagne de l’Est était un régime totalitaire où régnait la terreur et où il arrivait les pires horreurs aux personnes qui osaient s’opposer au régime ou qui tentaient de le fuir.

Le film allemand « La vie des autres » (das Leben der Anderen), avec le regretté Ulrich MÜHE, décrit de façon admirable la terreur que faisait régner la Stasi, la police politique, en Allemagne de l’Est.

Il est très émouvant et touchant de revoir les images des Allemands de l’Est qui ont traversé la frontière et qui sont passés à Berlin Ouest en cette nuit du 9 novembre 1989, on peut voir à quel point ils avaient soif de liberté.

De nombreuses personnes sont d’ailleurs décédées en voulant franchir le mur pour fuir à l’Ouest, entre 1961 et 1989.

Il est très intéressant de regarder des documentaires qui expliquent ce que les Est-Allemands étaient capables d’inventer pour tenter de goûter à la liberté (avion, tunnel sous le mur, montgolfière, cachettes hallucinantes dans des voitures etc.).

Le mur n’aurait jamais chuté sans le courage de dizaines de milliers d’Est-Allemands, qui, malgré la terreur qui régnait dans leur pays, ont réussi à faire chuter un régime totalitaire.

Peu de personnes auraient prédit, même quelques mois avant les évènements de novembre 1989, que le mur allait chuter.

A part les citoyens Est-Allemands, un Hongrois a joué un très grand rôle dans la chute du mur.

Il s’agit de Gyula HORN, qui était Ministre des affaires étrangères en 1989 et qui a par la suite été Premier Ministre socialiste de Hongrie, sous le nouveau régime, de 1994 à 1998.

En été 1989, Gyula HORN a en effet ouvert le rideau de fer avec son homologue autrichien, en coupant les barbelés à la frontière entre les deux pays.

C'est lui qui a déclaré en septembre 1989 que les autorités hongroises laisseraient passer à la frontière tous les citoyens d'Allemagne de l’Est.

Ainsi, Gyula HORN a joué un rôle déterminant dans la chute du mur et c’est le moins que l’on puisse dire.

Dans certaines villes allemandes, des rues portent d’ailleurs le nom de Gyula HORN.

En ce qui me concerne, à titre personnel, la chute du mur a eu une grande importance.

Je suis né à Budapest, en Hongrie et je suis venu à Genève en 1984.

A cette époque, le communisme et le parti unique régnaient encore sur le pays.

Il faut toutefois préciser que ce communisme-là n’avait rien à voir avec celui de l’Allemagne de l’Est, il n’y avait pas ce climat de terreur, il s’agissait d’un « communisme mou » également dénommé « communisme goulasch ».

Malgré cela, la Hongrie était quand même un pays du bloc communiste, qui n’appréciait pas vraiment que ses citoyens émigrent et pour cette raison, je n’ai pas pu retourner dans mon pays natal pendant quelques temps.

Il y a un mot allemand qui est « Heimweh », décrivant très bien ce que j’ai ressenti à l’époque.

On dit « nostalgie » ou « mal du pays » mais aucun mot français n’est à mon sens aussi expressif que ce mot allemand.

A cette époque, je pensais que je n’allais pas pouvoir retourner en Hongrie pendant de longues années.

Tout à coup, l’Histoire s’est accélérée ! Des évènements dont presque personne n’aurait osé rêver se sont produits ! La chute du mur, la disparition des régimes communistes dans les pays de l’Europe de l’Est et l’organisation d’élections libres et ce en l'espace de quelques mois.

Ainsi, grâce à tous ces évènements et grâce à cette accélération de l’Histoire, j’ai pu retourner en Hongrie en décembre 1989, plus de 5 ans après avoir quitté le pays.

Pour cette raison, même pour moi, qui ne suis pas Est-Allemand, la chute du mur a joué un rôle très important.

Elle m’a donné la liberté de retourner dans mon pays natal.

A l’heure où les Européens n’ont quasiment plus de frontières à traverser sur leur continent, il est difficile d’imaginer qu’il fût une époque pas si lointaine, où la liberté n’était qu’un rêve pour certains.

Les commémorations régulières de la chute du mur ont le grand mérite de nous le rappeler.

 

 

Andreas Dekany

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