20/10/2016

La Révolution hongroise d’octobre 1956 : c’était il y a 60 ans

Nous célébrons le 60ème anniversaire de la Révolution hongroise du 23 octobre 1956 cette année.

L’Association des Hongrois de Genève, avec le soutien de la Ville de Genève, organise à cette occasion un concert gratuit au Victoria Hall, en date du samedi 22 octobre 2016 à 19 heures, avec la présence de l’Orchestre symphonique de la Radio Hongroise.

Les détails à propos de cet évènement sont indiqués sur le site Internet dont le lien est le suivant : www.hongrie1956.ch.

Il reste encore quelques billets et je tiens à souligner que ce concert est ouvert à toute la population de Genève et d'ailleurs.

Quels étaient les tenants et les aboutissants de la Révolution hongroise de 1956 ?

C’est à cette question que je vais brièvement répondre.

Au début de l’année 1945, les troupes soviétiques ont libéré la Hongrie en chassant les soldats allemands.

Très rapidement, les libérateurs sont devenus des occupants et les Soviétiques ont imposé le régime communiste à leurs pays satellites, un régime sans libertés, qui punissait sévèrement les citoyens qui osaient s’opposer au pouvoir.

Les Soviétiques ont mis leurs hommes de confiance, qui appliquaient leur politique, à la tête de ces pays, comme c’était le cas de Màtyàs Ràkosi en Hongrie.

Staline meurt en 1953 et le rapport Khrouchtchev de février 1956, qui dénonce les crimes de Staline, fragilise fortement le régime communiste.

Le 23 octobre 1956, les Hongrois se sont révoltés contre le régime communiste, sous lequel ils vivaient depuis plusieurs années.

Les Hongrois ne voulaient plus être occupés par les Soviétiques et ils voulaient être libres.

Leurs exigences étaient fixées dans une « résolution-programme » de 16 points qui comprenait notamment le retrait des troupes soviétiques du pays, la formation d’un gouvernement sous la direction d’Imre Nagy, l’organisation d’élections libres, la liberté de la presse et la liberté d’opinion etc.

Grâce au courage, à la solidarité et à la soif de liberté de nombreuses Hongroises et de nombreux Hongrois, les chars soviétiques ont dans un premier temps pu être chassés de Hongrie.

Il semblait que l’Union Soviétique avait cédé.

Fin octobre 1956, Imre Nagy est nommé Premier ministre et il forme un gouvernement.

Pendant quelques jours, les Hongroises et les Hongrois ont vécu dans l’espoir d’être libres, seulement pendant quelques jours malheureusement.

Les Soviétiques ont en effet changé d’avis, après avoir fait croire que la Hongrie était libre, ils ont envoyé leurs chars pour écraser la révolution en date du 4 novembre 1956.

Les Hongrois n’avaient aucune chance de résister, au vu des moyens disproportionnés mis en œuvre par les Soviétiques.

Ainsi, la révolution a été écrasée, environ 200'000 personnes ont quitté leur pays à cette époque pour fuir à l’Ouest.

Des milliers de personnes ont été arrêtées, emprisonnées et même exécutées dans les années qui ont suivi la révolution.

Les Soviétiques ont placé leur homme de confiance, Jànos Kàdàr, à la tête de la Hongrie.

Imre Nagy et ses compagnons, dont le Ministre de la défense, Pàl Maléter, ont été exécutés en date du 16 juin 1958.

En date du 16 juin 1989, Imre Nagy et ses compagnons ont eu droit à des funérailles nationales sur la Place des héros à Budapest, en présence de 200'000 personnes, dont la retransmission télévisée a été vue par plusieurs millions de Hongroises et de Hongrois.

A cette occasion, un jeune étudiant a fait un discours remarqué, il exige notamment le retrait des troupes soviétiques de la Hongrie et la tenue d’élections libres (ça vous rappelle quelque chose?).

Mais qui est donc ce jeune étudiant ?

Il s’agit d’un certain Viktor Orbàn, inconnu avant de prononcer son fameux discours, qui est devenu député au Parlement hongrois, lors des élections libres organisées au printemps de l’année 1990, on connaît la suite.

Viktor Orbàn a été Premier ministre de la Hongrie de 1998 à 2002 et de nouveau depuis 2010.

Le 6 juillet 1989, la Cour suprême hongroise réhabilite Imre Nagy et ses compagnons.

Le même jour, Jànos Kàdàr, qui avait été à la tête de la Hongrie pendant 32 ans et qui avait eu une grande responsabilité dans l’exécution d’Imre Nagy, meurt après une longue maladie.

Le fait que Jànos Kàdàr soit mort précisément le jour de la réhabilitation d’Imre Nagy, m’a toujours fasciné et l’Histoire nous réserve parfois ce genre de coïncidences remarquables.

J’ai eu l’occasion de participer à l’émission « Genève à Chaud » sur Léman Bleu, en date du 17 octobre 2016, en compagnie de Monsieur Egon Kiss-Borlase, Président de l’Association des Hongrois de Genève pour évoquer les évènements de 1956.

Voici le lien pour regarder l’émission :

http://www.lemanbleu.ch/replay/video.html?VideoID=30672...

A cette occasion, j’ai répondu la chose suivante à la question de savoir comment je percevais la révolution hongroise de 1956:

« C’est un rapport très fort. Quand on me dit 1956, 23 octobre, c’est un réflexe pavlovien et ça déclenche en moi une émotion, en pensant à toutes ces personnes, des hommes et des femmes qui se sont battus pour la liberté, parce que c’est de cela qu’il s’agit. Ils en avaient marre d’être occupés par les Russes, d’être sous l’oppression des Russes, ils voulaient la liberté et certains et certaines y ont laissé leur vie, beaucoup même. Alors qu’à l’heure actuelle, en Europe, la liberté de la presse, de manifester et d’expression sont des libertés normales, si on peut dire, ça coule de source, il ne faut jamais oublier, qu’il n’y a pas si longtemps, des hommes et des femmes se sont battus pour cette liberté ».

Ce que j’ai répondu à Pascal Décaillet dans l’émission Genève à Chaud du 17 octobre 2016, résume bien ma pensée en lien avec les évènements de 1956.

A l’heure où les pays européens vivent fort heureusement en paix depuis quelques années, il n’est pas inutile de se rappeler que des personnes ont fui leur pays et sont mêmes mortes alors qu’elles étaient en quête de liberté, une liberté qui est devenue presque normale et de plus en plus banale de nos jours, qui était cependant tellement précieuse, qui paraissait inatteignable il n’y a pas si longtemps dans les pays de l'Europe de l'Est.

 

 

Andreas Dekany

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Commentaires

Bonsoir Monsieur Dekany Merci pour cet excellent rappel historique !

Écrit par : lovejoie | 20/10/2016

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