13/04/2018

Hongrie: Nouveau triomphe de Viktor Orbàn lors des élections du 8 avril 2018

Les Hongroises et les Hongrois étaient appelés aux urnes pour renouveler leur Parlement le 8 avril 2018.

Les médias ont annoncé un taux de participation record tout au long de la journée.

Selon les experts, plus le taux de participation serait élevé, plus la défaite du FIDESZ de Viktor Orbàn serait probable.

Un vent de changement de majorité semblait souffler sur Budapest en cette belle journée de printemps.

De nombreuses personnes ont d’ailleurs attendu sagement pendant plusieurs heures devant certains bureaux de vote, avant de pouvoir enfin déposer leur bulletin de vote dans l'urne.

À ce moment-là, tout et son contraire semblait être possible.

Plus le taux de participation augmentait, plus les dirigeants de l’opposition étaient confiants et plus ils pensaient que la victoire était possible.

Tout à coup, tard dans la soirée, le résultat est tombé : 134, c’est-à-dire plus des deux tiers des sièges au Parlement pour le FIDESZ, qui n’a laissé que des miettes à l’opposition.

On a pu constater un fossé entre Budapest, qui a voté en grande majorité pour des partis de l'opposition et la province, qui a massivement soutenu le FIDESZ.

Après 2010 et 2014, c’est la troisième fois que Viktor Orbàn et le FIDESZ remportent les deux tiers des sièges au parlement, ce qui leur permet de modifier la Constitution.

Viktor Orbàn, qui aura 55 ans en mai, est donc réélu pour un quatrième mandat, il avait déjà été Premier ministre entre 1998 et 2002.

À cette époque, il n’avait pas pu gouverner seul, il a dû former une coalition avec d’autres partis.

Depuis huit ans, Viktor Orbàn règne sans partage sur la Hongrie et le peuple lui a renouvelé sa confiance pour quatre années supplémentaires.

Le fait que le taux de participation ait été si élevé (près de 70%) apporte encore plus de légitimité à l’homme fort de la Hongrie.

Il y a à mon sens deux raisons principales qui expliquent cette nouvelle victoire.

Premièrement, le rôle de père protecteur de la nation, voire même de l’Europe, endossé depuis quelques années par Viktor Orbàn lui a clairement été favorable.

Il y a quelques temps, l’hebdomadaire suisse allemand « die Weltwoche » avait d’ailleurs consacré sa une au Premier ministre hongrois, avec le titre suivant : « Orbàn Viktor, Verteidiger Europas » (défenseur de l’Europe).

C’est exactement l’image qu’a actuellement Viktor Orbàn, non seulement en Hongrie mais également auprès de nombreuses personnes en Europe et même dans le monde.

Ceci n’est évidemment pas pour lui déplaire, lui qui se voit avoir un destin international.

La deuxième raison principale du succès de Viktor Orbàn est due à la faiblesse et à la division de l’opposition.

Pour espérer avoir une chance de succès, l'opposition aurait dû faire des alliances électorales dans chaque circonscription et ce depuis longtemps et présenter au poste de Premier ministre un candidat unique, bien préparé, charismatique et crédible.

L'opposition n’a toutefois pas trouvé un tel candidat.

Le mode de scrutin en partie majoritaire à un tour nécessitait une alliance sans failles des partis de l’opposition.

Une élection partielle locale du 25 février dernier a prouvé que l’opposition, si elle partait unie, pouvait battre le FIDESZ.

Lors des élections parlementaires du 8 avril 2018, l'opposition est toutefois restée divisée et désorganisée jusqu’au bout, présentant plusieurs candidats au poste de Premier ministre.

Il y a certes eu quelques retraits de candidatures au profit d’autres candidats de l’opposition, jusqu'au dernier moment dans certaines circonscriptions, cela n’a toutefois pas empêché le FIDESZ de remporter, une fois de plus, les deux tiers des mandats au Parlement.

Dans certaines circonscriptions à Budapest, des candidats de l’opposition se sont carrément affrontés, faisant ainsi gagner le candidat du FIDESZ.

À présent, l’opposition hongroise, ou ce qu’il en reste, est plus divisée que jamais, ce qu’on peut aisément comprendre après cette nouvelle défaite cuisante.

Les présidents des partis démissionnent les uns après les autres.

Quant à Viktor Orbàn, il peut continuer à gouverner son pays à sa guise et à mener sa politique comme bon lui semble, au moins jusqu’en 2022, voire plus longtemps, tant l’émergence d’une opposition capable de remporter les élections dans quatre ans semble incertaine et improbable au moment où j’écris ces lignes.

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