La chute du mur de Berlin: c'était il y a trente ans!

Il a été érigé dans la nuit du 12 au 13 août 1961 et il est tombé le 9 novembre 1989.

La chute du mur de Berlin a eu lieu il y a trente ans, trente ans déjà… mais pour moi, c'est comme si c'était hier.

Symbole par excellence du régime totalitaire de l’Union soviétique et de ses pays satellites, le mur de Berlin a représenté pendant plus de 28 ans l’entrave à la liberté des habitants des pays de l’Europe de l’Est.

Le mur de Berlin a en effet été construit afin d’empêcher les Allemands de l’Est d’émigrer à l'Ouest, il ne s’agissait donc pas d’un rempart contre d’éventuels « envahisseurs » extérieurs mais d’un moyen d’emprisonner son propre peuple.

Ce qui m’a frappé en visitant le musée du mur à Berlin (Mauermuseum), c’est l’ingéniosité dont ont fait preuve des personnes qui avaient soif de liberté, afin de fuir le régime totalitaire dans lequel ils vivaient.

Le film « La vie des autres » (das Leben der Anderen), donne une idée de l’ambiance qui régnait à Berlin-Est au milieu des années 1980, vous avez ci-après un lien pour visionner un extrait de cet excellent film: https://www.youtube.com/watch?v=J3DsLPq884M .

Le stratagème de fuite qui m’a le plus marqué a été celui consistant à monter sur un ULM, à l’aide duquel un homme a fui l’Allemagne de l’Est en mai 1989, quelques mois avant la chute du mur.

Cet extrait du documentaire « Un mur à Berlin » donne une idée précise de cet acte courageux : https://www.youtube.com/watch?v=9-KdcCn_uYw .

Il s’agit d’une prise de risque qui peut paraître insensée avec le recul que nous avons aujourd'hui, alors qu’il suffisait d’attendre quelques mois pour pouvoir profiter de cette liberté tant désirée.

Toutefois, à l’époque, presque personne n’aurait parié un kopek sur le fait que le mur de Berlin allait chuter aussi vite.

Erich Honecker, le dernier dirigeant est-allemand, n’a-t-il pas déclaré en date du 14 janvier 1989 Die Mauer wird in 50 und auch in 100 Jahren noch bestehen bleiben, wenn die dazu vorhandenen Gründe nicht beseitigt werden"?

L’Histoire, avec un grand H a rapidement donné tort à Erich Honecker, l’idée n’étant pas de relater ici tous les évènements qui ont conduit à la chute du mur de Berlin, ce serait beaucoup trop long, je me contenterai d’évoquer quelques éléments qui sont à mon sens déterminants et sans lesquels le mur n’aurait pas chuté aussi rapidement, sans vouloir minimiser l'importance d'autres évènements qui ont eu lieu en Allemagne de l'Est, dont je ne traiterai pas ici.

Le premier que je mentionnerai est l’entrée en fonction de Monsieur Mikhaïl Gorbatchev en tant que Premier secrétaire du Parti communiste soviétique en 1985.

Contrairement à ses prédécesseurs, ce n’était pas un vieillard, il était jeune et dynamique et il avait la volonté de réformer et de faire bouger les choses (Glasnost, Perestroïka), autrement dit, ce n’était pas un « hardliner » du parti communiste, si vous me permettez cette expression.

Le deuxième élément a un lien direct avec le premier; en 1988 un jeune Premier ministre est entré en fonction en Hongrie, il s’agit de Monsieur Miklos Németh, dont peu de gens connaissent l'existence et les mérites, mais qui a à mon sens eu un rôle déterminant dans la chute du mur de Berlin.

En entrant en fonction, Monsieur Németh a demandé à voir les comptes de l’État et il a constaté qu'à un poste désigné par un nom de code mystérieux, correspondait une somme astronomique, qui grevait sérieusement le budget de l’État hongrois.

Il a évidemment voulu savoir de quoi il s’agissait et on lui a répondu que c’était le prix que devait payer l’État pour l’entretien de la protection de la frontière avec l’Autriche.

Monsieur Németh a également appris que des pièces détachées devaient régulièrement être commandées à l’Ouest, pour entretenir les protections de la frontière et pour financer tout cela, l’État était obligé d’emprunter des devises auprès…des pays de l’Ouest.

La réaction logique de Monsieur Németh a été de dire qu’il fallait démonter ces protections à la frontière et qu’ainsi, l’État pourrait économiser beaucoup d’argent.

Toutefois, étant donné qu’il s’agissait d’une frontière qui permettait de passer directement en Europe de l’Ouest, il était nécessaire et préférable de demander son avis au grand frère soviétique.

C’est ainsi que Monsieur Németh a présenté son projet à Monsieur Gorbatchev, qui lui a répondu qu’il pouvait aller de l’avant.

C’est passé comme une lettre à la poste à la plus grande surprise du Premier ministre, étant précisé que si un « hardliner » avait été à la place de Monsieur Gorbatchev, cette idée aurait très probablement essuyé un refus clair et net.

Une fois les défenses frontalières démontées, l’Histoire s’est accélérée, ce qui m’amène au pique-nique paneuropéen du 19 août 1989, organisé à la frontière entre l’Autriche et la Hongrie.

Beaucoup d'Allemands de l'Est passaient régulièrement leurs vacances d'été en Hongrie, la plupart du temps au bord du Lac Balaton, ce qui leur permettait notamment de rencontrer leurs cousins de l'Ouest.

Ce jour-là, environ 600 Allemands de l’Est sont passés à l’Ouest, cette nouvelle s’étant répandue comme une traînée de poudre, beaucoup de leurs compatriotes se sont mis en route vers Europe de l'Ouest, en quête de cette liberté tant désirée.

D'après les chiffres que nous connaissons, 50'000 Allemands de l'Est ont fui à l'Ouest en passant par la Hongrie, en ce bel été 1989.

On connaît la suite, en date du 9 novembre 1989, on a pu assister à un évènement capital du vingtième siècle, la chute du mur de Berlin.

Le Film « Bornholmerstrasse » du nom du poste frontière par lequel sont passées de nombreuses personnes pour se rendre à Berlin-Ouest ce soir-là, décrit assez bien l’ambiance qui y régnait.

Vous pouvez visionner un résumé de film sous le lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=4HZRneBeoT4 .

Le souvenir qui me revient instantanément est quelque peu kitsch, je dois l’admettre, c’est l’image de David Hasselhoff chantant debout sur le mur de Berlin portant un blouson clignotant avec la porte de Brandenbourg en arrière-plan.

Le titre de la chanson ? « Looking for freedom »…https://www.youtube.com/watch?v=SNpCn0nAlR0&list=RDSNpCn0nAlR0&index=1 .

C’est toujours avec une grande émotion que je revois ces images.

La chute du mur de Berlin est certes synonyme de liberté pour de nombreuses personnes, il suffit de voir les visages de ces gens qui ont goûté pour la première fois (depuis longtemps) à la liberté, en date du 9 novembre 1989.

Il ne faut toutefois pas oublier que la chute du mur de Berlin n’a pas forcément apporté à ces personnes ce qu’elles attendaient et ce qu’elles espéraient, mais ça c’est une autre histoire.

On a d'ailleurs assisté il y a quelques années à l'émergence d'un phénomène nommé "Ostalgie", pour désigner le fait que le régime tant haï, n'avait semble-t-il, avec du recul, pas que des mauvais côtés et des personnes éprouvaient carrément de la nostalgie à son égard.

La chute du mur de Berlin, c'était il y a trente ans mais c'est comme si c'était hier.

 

 

Andreas Dekany

Lien permanent 4 commentaires

Commentaires

  • Merci, Oui! Très bonne analyse !

  • Merci Andreas pour ces souvenirs qui ont marqués mon trentième anniversaire et d'autres faits divers de ma vie, cétait hier.

  • Très intéressant et dans un style agréable à lire! Merci Andreas

  • Tant de faux clichés, émis pour le buzz et pour le fric,
    Qui déforment non seulement la réalité mais distortionnent la mémoire.

    Et cela est grave.

    Je suis de ceux ayant travaillé, vécu et connaissent ce que fut Berlin West, de ceux qui savent ce qu'était Berlin Est et de ceux qui savent ce qu'il en est des fonctionnaires de la RDA.

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