Le blog d'Andreas Dekany

  • Il était une fois : le Rubik’s cube

    Dans le cadre du troisième texte de la série intitulée « il était une fois », j’ai décidé de traiter d’un objet devenu mythique : le Rubik’s cube.

    Il a six côtés de couleurs différentes, qui peuvent être mélangées les unes avec les autres et le but du jeu est de reconstituer les couleurs de manière uniforme de chaque côté.

    Il a été inventé en 1974 par un professeur d’architecture et de design hongrois, Ernö Rubik.

    À l’origine, il était un support de cours pour des étudiants en architecture et il n’était pas destiné à être vendu, même son inventeur ne l’a, dans un premier temps, pas considéré comme un jeu.

    Ce cube mythique a été commercialisé pour la première fois en 1980 et son succès fulgurant a beaucoup surpris son inventeur qui ne s’y attendait absolument pas.

    Il est incontestablement devenu un symbole incontournable des années 1980, j’ai d’ailleurs vu plusieurs pochettes de compilations de chansons de ces années-là, avec une photo du Rubik’s cube.

    Je dois avouer que je n’ai jamais réussi à reconstituer les couleurs uniformes sur les six côtés, ce n’est pourtant pas faute d’avoir essayé, c’était il y a très longtemps.

    J’ai récemment appris que le record du monde était de 4,22 secondes…hallucinant sachant qu’il y a paraît-il 43 quintillions (un chiffre à 20 zéros me semble-t-il) de combinaisons possibles (je n’ai pas vérifié).

    Même son inventeur a d’abord mis un mois pour le faire.

    Il convient toutefois de rappeler que le Rubik’s cube n’a, dans un premier temps, pas eu le succès qu’il a connu par la suite, il a en effet eu des débuts difficiles, avant son succès phénoménal et mondial.

    Plusieurs centaines de millions de ces cubes ont été vendus dans le monde depuis sa création et il y a régulièrement des concours qui sont organisés.

    Celles et ceux qui souhaitent avoir de plus amples informations, peuvent visionner ce documentaire de quelques minutes, dans lequel l’inventeur est interviewé : https://www.youtube.com/watch?v=Y5tyCcEVsyY

    Je trouve l’histoire de cet objet, que rien ne prédestinait à un tel succès, belle, fascinante et inspirante.

    Le Rubik’s cube n’est en tous cas pas près de tomber en désuétude et ce plus de 45 ans après sa création.

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  • Pour une production locale

    Ce titre est d’une grande banalité.

    Au vu de ce que nous savons maintenant, il est évident qu’il faut soutenir la production locale et ce dans tous les domaines, pas uniquement dans le cadre des biens de première nécessité.

    Pour être tout à fait précis, en l’espace de quelques semaines, il est devenu évident qu’il fallait soutenir la production locale.

    C’est la lecture d’une interview publiée dans la version hongroise du magazine « Forbes » du mois d’octobre 2019 qui m’a donné l’idée d’écrire ce texte.

    Ce sont les fondateurs de la société Julius-K9, qui ont donné l’interview en question.

    Cette société, dont le siège est en Hongrie, vend des harnais pour chiens de très grande qualité dans le monde entier.

    Dans l’interview, il est question des coûts de production des harnais et l’intervieweur demande aux fondateurs de la société :

    « Mais pourquoi ne produisez-vous pas en Chine ».

    C’était en effet tellement « normal » de produire en Chine pour faire baisser les coûts que le comportement d’un entrepreneur qui ne faisait pas comme presque tout le monde était considéré comme étant bizarre.

    La question de l’intervieweur en est la preuve.

    J’ai adoré la réponse de la fondatrice de la société Julius-K9, je rappelle qu’on est en octobre 2019, quelques mois avant la crise.

    Elle a répondu de la manière suivante.

    « Nous ne voulons pas faire comme la plupart des autres multinationales, qui licencient des employés parce qu’elles ont transféré la production dans un endroit où les coûts sont inférieurs. Nous nous démarquons de nos concurrents grâce à la qualité de nos produits, nous ne voulons pas entrer dans une guerre des prix. Lorsqu’il le faut, nous augmentons nos prix ».

    Il est évident que cette excellente réponse ne nécessite aucun commentaire, elle est tout simplement parfaite.

    Il est regrettable que l'immense majorité des producteurs n’aient pas eu cette clairvoyance.

    Il n’est toutefois jamais trop tard pour bien faire.

    Il faut absolument ramener la production de tous les biens chez nous et pas seulement celle des biens de première nécessité.

    Il faut que nous soyons indépendants car nous pouvons uniquement compter sur nous-mêmes, l’actualité récente l’a malheureusement parfaitement démontré.

     

     

    Andreas Dekany

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  • Il était une fois la cabine téléphonique

    Dans le cadre du deuxième texte de la série intitulée « il était une fois », j’ai décidé de traiter de la cabine téléphonique.

    Le développement fulgurant du téléphone portable a sonné le glas de la bonne vieille cabine téléphonique, qui nous rappelle tant de souvenirs (colonies de vacances, armée, internat etc.).

    Il est usuel qu’une invention rende un objet que nous avons l’habitude d’utiliser quotidiennement complètement désuet, les exemples ne manquent pas et j’aurai l’occasion d’y revenir.

    Vu que Swisscom n’a plus l’obligation d’exploiter des cabines téléphoniques sur l’ensemble du territoire suisse et vu qu’elles sont logiquement déficitaires, elles ont été supprimées les unes après les autres.

    Quand je pense à une cabine téléphonique, c’est leur odeur typique immédiatement reconnaissable, qui me vient à l’esprit.

    On constate la puissance de la mémoire olfactive, je n'ai en effet plus remis les pieds dans une cabine téléphonique depuis bien longtemps.

    Je me rappelle également du bruit caractéristique que faisait le téléphone lorsqu’on mettait la pièce de monnaie, avant que le montant ne s’affiche sur le petit cadran.

    Il y a très longtemps, il fallait tourner une petite roue, ensuite, on pouvait appuyer sur des chiffres, pour composer le numéro de téléphone.

    Je me souviens aussi des annuaires téléphoniques (également tombés en désuétude suite au développement technologique), alignés sur la droite de la cabine (Genève était le numéro 1!).

    Il me semble qu’il m’arrivait de m’asseoir dessus quand j’étais petit, en attendant que mes parents finissent leur conversation téléphonique.

    Il faut aussi mentionner les cartes téléphoniques sur lesquelles il y avait des images et qu’on pouvait collectionner comme des timbres.

    J'ai un vague souvenir d'une rumeur qui courait, selon laquelle le crédit de ces cartes augmentait, si on les mettait au congélateur (j’avoue que je n’ai jamais tenté l’expérience), j'ignore s'il s'agissait d'une légende urbaine.

    C’est évidemment avec une certaine émotion que j’ai appris la disparition des cabines téléphoniques de nos paysages urbains.

    Certaines ont été transformées en bibliothèques, ce qui est une bonne idée et cela évitera peut-être leur disparition complète.

    Celles et ceux qui s’intéressent au développement de la cabine téléphonique en Suisse, peuvent approfondir le sujet en lisant cet excellent article rédigé par Monsieur Juri Jaquemet, conservateur Technologies de l’information et de la communication, du Musée de la Communication à Berne :

    https://blog.nationalmuseum.ch/fr/2018/08/cabines-telephoniques-ladieu-a-un-temoin-emblematique-de-la-telephonie-fixe/

    En lisant cet article, on se rend compte du fait que la cabine téléphonique a eu une longue vie, qu'elle a bien vécu.

    Elle a laissé la place à la relève et je suis certain qu’on ne l’oubliera pas de sitôt.

     

     

    Andreas Dekany

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  • Il était une fois la nostalgie

    Ce texte est le premier d’une série que je vais consacrer à des personnes, à des lieux, à des thèmes ou encore à des objets qui m’ont marqué.

    La nostalgie ; je ne m’étais jamais posé la question de savoir quelles étaient les origines et la signification de ce terme, avant de faire la connaissance de l’excellent Patrick Dandrey, Professeur émérite de littérature du 17ème siècle à la Sorbonne.

    Il y a quelques mois, j’étais dans le hall d’Uni-Dufour où j’ai aperçu une grande affiche qui a immédiatement attiré mon attention, c’était une publicité pour une série de quatre conférences, lors desquelles le seul et unique orateur allait être le Professeur émérite à la Sorbonne, Patrick Dandrey, organisées conjointement par le Bodmer Lab et l’Université de Genève.

    Le titre était le suivant : « Du bizarre au monstrueux, hantise et fascination de l’étrange, de l’Antiquité aux temps modernes ».

    Ce titre a immédiatement éveillé mon intérêt et j’ai décidé de suivre cette série de conférences.

    La première conférence donnée par le Professeur Dandrey traitait du mot « bizarre » et la question était de savoir de quel malaise le « bizarre » était l’expression.

    C’est à cette occasion que j’ai rencontré et que j’ai entendu pour la première fois le Professeur émérite Patrick Dandrey, un excellent orateur, qui m’a donné envie d’aller écouter la deuxième conférence de la série, consacrée à la nostalgie.

    Le titre de cette deuxième conférence était le suivant : « Hantise de l’« estrangement » de la souffrance de l’exil à la pathologie de la nostalgie ».

    Cette deuxième conférence a été présentée de la manière suivante dans le petit fascicule distribué aux participants :

    « Parmi les bizarreries du cadastre psychique, l’une des plus nuancées est certainement le sentiment de nostalgie, ce regret lancinant- mais délectable aussi – du temps et de l’espace, qui enveloppe d’une douce idéalisation le souvenir des paradis perdus. Il refait cruellement surface à notre époque marquée par les vagues d’émigration qui portent avec elle les souffrances de l’exil (…).

    La définition de la nostalgie qui a été donnée par le Professeur Patrick Dandrey est la suivante :

    « La nostalgie, qui à l’origine fut de lieu, s’est étendue à désigner par image le regret aussi du temps. En ajoutant toutefois au regret quelque chose de plus poignant, mais qui demeure amorti et lancinant : c’est une souffrance ornée et alanguie, qui s’enveloppe d’esthétique et y porte ».

    Pour illustrer mon texte, j'ai pris la première page du traité du médecin Johannes Hofer, traitant de la nostalgie (Heimweh), qui était à l'origine un terme médical.

    À celles et ceux qui souhaitent approfondir le sujet, je leur recommande d’écouter l’émission très intéressante consacrée à la nostalgie, à laquelle a participé le Professeur Dandrey. Il a notamment été question du « ranz des vaches » (dès la minute 28:30).

    https://blog.franceculture.fr/raphael-enthoven/la-nostalgie-au-xviieme-siecle-1/ .

    En écoutant cette émission, on apprend notamment que la nostalgie a trois dimensions :

    • Le regret du passé ;
    • Une insatisfaction du présent et
    • Un désespoir de l’avenir.

    C’est donc tout naturellement que j’ai choisi la nostalgie comme premier thème de la série de textes intitulés « il était une fois », consacrés à des personnes, à des lieux, à des thèmes ou encore à des objets qui m’ont marqué.

     

     

    Andreas Dekany

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  • La chute du mur de Berlin et l’ironie de l’Histoire

    Parfois, des événements qui peuvent à première vue paraître insignifiants et de moindre importance, peuvent avoir des conséquences incroyables et ils peuvent même changer le cours de l’Histoire.

    C’est ce que j’appelle l’ironie de l’Histoire.

    C’est de la célèbre conférence de presse donnée par Günter Schabowski, éminent membre du Politbüro du parti unique au pouvoir en Allemagne de l’Est, le 9 novembre 1989, dont je vais traiter.

    Quelques mots prononcés lors de cette conférence de presse auront pour effet de faire chuter le mur de Berlin le même jour, d’une manière soudaine, inattendue et inespérée.

    Les dirigeants de l’Allemagne de l’Est étaient sous pression depuis quelque temps déjà, en raison des manifestations dans les grandes villes et parce que le peuple ne voulait pas vivre plus longtemps dans une dictature.

    Le Politbüro a donc été contraint d’octroyer quelques libertés aux citoyens, notamment la liberté de circuler à l’Ouest, ce qui aurait été inimaginable quelques semaines auparavant, le mur de Berlin ayant précisément été construit pour empêcher la libre circulation.

    C’est ainsi que les dirigeants est-allemands ont élaboré un document qui résumait les réformes entreprises.

    Or, Günter Schabowski n’a pas pris part aux réunions lors desquelles les décisions ont été prises.

    Malgré cela, c’est lui qui a été envoyé à la conférence de presse de cette fin d’après-midi du 9 novembre 1989.

    Rien ne laissait présager que la conférence de presse en question, retransmise en direct à la télévision est-allemande, allait devenir l’une des plus célèbres de l’Histoire.

    En effet, au début, Günther Schabowski a fait pendant plusieurs dizaines de minutes un monologue à propos d’affaires bureaucratiques inintéressantes et sans intérêt pour la plupart des journalistes présents dans la salle.

    Le journaliste américain s’est à un moment donné même endormi, tant les sujets traités étaient soporifiques, c'est le cas de le dire.

    Tout à coup, tout le monde s’est réveillé, car Günter Schabowski a finalement abordé la question de la libre circulation.

    Comme il l’a révélé plus tard, il a presque omis de traiter ce sujet lors de cette conférence de presse.

    Il a ainsi déclaré que les citoyens est-allemands avaient le droit de quitter librement le pays et d’aller à l’Ouest.

    Un des journalistes présents a eu l’intelligence de demander quand cette mesure allait entrer en vigueur.

    C’est à ce moment-là, que Günter Schabowski a commencé à fouiller dans ses notes, il a commencé à lire un papier et a déclaré :

    « Das tritt nach meiner Kenntnis…ist das sofort» (d’après ce que je sais, ça entre immédiatement en vigueur).

    Vous avez ci-dessous le lien pour voir ce moment inoubliable :

    https://www.youtube.com/watch?v=ioC0rww-cMI

    Cela signifiait en d’autres termes que les citoyens est-allemands avaient droit d’aller immédiatement à l’Ouest, une liberté qu’ils n’avaient, pour la plupart, encore jamais connue.

    Comme cela s’est su plus tard, Günter Schabowski ne s’était pas préparé pour cette conférence de presse et la feuille dont il espérait tirer de l’aide, était remplie de gribouillis qu’il arrivait à peine à lire.

    En réalité, il était prévu que les frontières seraient ouvertes seulement le lendemain, mais comme Günter Schabowski n’avait pas assisté aux réunions de préparation des nouvelles mesures liées à la libre circulation, il l’ignorait.

    Ayant appris cette excellente nouvelle tombée du ciel, les Berlinois et les Berlinoises de l’Est se sont mis en route vers Berlin-Ouest, en passant par la frontière de la Bornholmerstrasse, qui est devenue très célèbre depuis ce jour.

    Les gardes-frontière n’avaient reçu aucune instruction de laisser passer qui que ce soit mais sous la pression et l’insistance de ces Berlinoises et de ces Berlinois assoiffés de liberté, ils ont fini par céder et ils ont laissé passer tout le monde.

    Heureusement que les choses se sont passées ainsi car la situation aurait pu dégénérer plusieurs fois, tant les gens étaient tendus et exaspérés, tant du côté des gardes-frontières totalement abandonnés par leur hiérarchie, que du côté des citoyens est-allemands.

    On connaît la suite; la chute du mur de Berlin aura lieu le soir-même, la liesse populaire, la joie, les retrouvailles, le bonheur, l’ivresse, la liberté.

    Le mur de Berlin a donc chuté suite aux déclarations improvisées et hasardeuses d’un membre du Politbüro mal préparé et mal informé par ses collègues.

    Il est certain que sans les déclarations de Günter Schabowski, les choses se seraient déroulées autrement.

    Ce sont là les ironies de l’Histoire qui sont fascinantes et qui prouvent qu’il suffit d’un rien, d’un détail, pour que les événements se déroulent d’une certaine façon.

    C’est entre autres pour cette raison que l’Histoire est passionnante.

     

     

    Andreas Dekany

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  • La chute du mur de Berlin: c'était il y a trente ans!

    Il a été érigé dans la nuit du 12 au 13 août 1961 et il est tombé le 9 novembre 1989.

    La chute du mur de Berlin a eu lieu il y a trente ans, trente ans déjà… mais pour moi, c'est comme si c'était hier.

    Symbole par excellence du régime totalitaire de l’Union soviétique et de ses pays satellites, le mur de Berlin a représenté pendant plus de 28 ans l’entrave à la liberté des habitants des pays de l’Europe de l’Est.

    Le mur de Berlin a en effet été construit afin d’empêcher les Allemands de l’Est d’émigrer à l'Ouest, il ne s’agissait donc pas d’un rempart contre d’éventuels « envahisseurs » extérieurs mais d’un moyen d’emprisonner son propre peuple.

    Ce qui m’a frappé en visitant le musée du mur à Berlin (Mauermuseum), c’est l’ingéniosité dont ont fait preuve des personnes qui avaient soif de liberté, afin de fuir le régime totalitaire dans lequel ils vivaient.

    Le film « La vie des autres » (das Leben der Anderen), donne une idée de l’ambiance qui régnait à Berlin-Est au milieu des années 1980, vous avez ci-après un lien pour visionner un extrait de cet excellent film: https://www.youtube.com/watch?v=J3DsLPq884M .

    Le stratagème de fuite qui m’a le plus marqué a été celui consistant à monter sur un ULM, à l’aide duquel un homme a fui l’Allemagne de l’Est en mai 1989, quelques mois avant la chute du mur.

    Cet extrait du documentaire « Un mur à Berlin » donne une idée précise de cet acte courageux : https://www.youtube.com/watch?v=9-KdcCn_uYw .

    Il s’agit d’une prise de risque qui peut paraître insensée avec le recul que nous avons aujourd'hui, alors qu’il suffisait d’attendre quelques mois pour pouvoir profiter de cette liberté tant désirée.

    Toutefois, à l’époque, presque personne n’aurait parié un kopek sur le fait que le mur de Berlin allait chuter aussi vite.

    Erich Honecker, le dernier dirigeant est-allemand, n’a-t-il pas déclaré en date du 14 janvier 1989 Die Mauer wird in 50 und auch in 100 Jahren noch bestehen bleiben, wenn die dazu vorhandenen Gründe nicht beseitigt werden"?

    L’Histoire, avec un grand H a rapidement donné tort à Erich Honecker, l’idée n’étant pas de relater ici tous les évènements qui ont conduit à la chute du mur de Berlin, ce serait beaucoup trop long, je me contenterai d’évoquer quelques éléments qui sont à mon sens déterminants et sans lesquels le mur n’aurait pas chuté aussi rapidement, sans vouloir minimiser l'importance d'autres évènements qui ont eu lieu en Allemagne de l'Est, dont je ne traiterai pas ici.

    Le premier que je mentionnerai est l’entrée en fonction de Monsieur Mikhaïl Gorbatchev en tant que Premier secrétaire du Parti communiste soviétique en 1985.

    Contrairement à ses prédécesseurs, ce n’était pas un vieillard, il était jeune et dynamique et il avait la volonté de réformer et de faire bouger les choses (Glasnost, Perestroïka), autrement dit, ce n’était pas un « hardliner » du parti communiste, si vous me permettez cette expression.

    Le deuxième élément a un lien direct avec le premier; en 1988 un jeune Premier ministre est entré en fonction en Hongrie, il s’agit de Monsieur Miklos Németh, dont peu de gens connaissent l'existence et les mérites, mais qui a à mon sens eu un rôle déterminant dans la chute du mur de Berlin.

    En entrant en fonction, Monsieur Németh a demandé à voir les comptes de l’État et il a constaté qu'à un poste désigné par un nom de code mystérieux, correspondait une somme astronomique, qui grevait sérieusement le budget de l’État hongrois.

    Il a évidemment voulu savoir de quoi il s’agissait et on lui a répondu que c’était le prix que devait payer l’État pour l’entretien de la protection de la frontière avec l’Autriche.

    Monsieur Németh a également appris que des pièces détachées devaient régulièrement être commandées à l’Ouest, pour entretenir les protections de la frontière et pour financer tout cela, l’État était obligé d’emprunter des devises auprès…des pays de l’Ouest.

    La réaction logique de Monsieur Németh a été de dire qu’il fallait démonter ces protections à la frontière et qu’ainsi, l’État pourrait économiser beaucoup d’argent.

    Toutefois, étant donné qu’il s’agissait d’une frontière qui permettait de passer directement en Europe de l’Ouest, il était nécessaire et préférable de demander son avis au grand frère soviétique.

    C’est ainsi que Monsieur Németh a présenté son projet à Monsieur Gorbatchev, qui lui a répondu qu’il pouvait aller de l’avant.

    C’est passé comme une lettre à la poste à la plus grande surprise du Premier ministre, étant précisé que si un « hardliner » avait été à la place de Monsieur Gorbatchev, cette idée aurait très probablement essuyé un refus clair et net.

    Une fois les défenses frontalières démontées, l’Histoire s’est accélérée, ce qui m’amène au pique-nique paneuropéen du 19 août 1989, organisé à la frontière entre l’Autriche et la Hongrie.

    Beaucoup d'Allemands de l'Est passaient régulièrement leurs vacances d'été en Hongrie, la plupart du temps au bord du Lac Balaton, ce qui leur permettait notamment de rencontrer leurs cousins de l'Ouest.

    Ce jour-là, environ 600 Allemands de l’Est sont passés à l’Ouest, cette nouvelle s’étant répandue comme une traînée de poudre, beaucoup de leurs compatriotes se sont mis en route vers Europe de l'Ouest, en quête de cette liberté tant désirée.

    D'après les chiffres que nous connaissons, 50'000 Allemands de l'Est ont fui à l'Ouest en passant par la Hongrie, en ce bel été 1989.

    On connaît la suite, en date du 9 novembre 1989, on a pu assister à un évènement capital du vingtième siècle, la chute du mur de Berlin.

    Le Film « Bornholmerstrasse » du nom du poste frontière par lequel sont passées de nombreuses personnes pour se rendre à Berlin-Ouest ce soir-là, décrit assez bien l’ambiance qui y régnait.

    Vous pouvez visionner un résumé de film sous le lien suivant : https://www.youtube.com/watch?v=4HZRneBeoT4 .

    Le souvenir qui me revient instantanément est quelque peu kitsch, je dois l’admettre, c’est l’image de David Hasselhoff chantant debout sur le mur de Berlin portant un blouson clignotant avec la porte de Brandenbourg en arrière-plan.

    Le titre de la chanson ? « Looking for freedom »…https://www.youtube.com/watch?v=SNpCn0nAlR0&list=RDSNpCn0nAlR0&index=1 .

    C’est toujours avec une grande émotion que je revois ces images.

    La chute du mur de Berlin est certes synonyme de liberté pour de nombreuses personnes, il suffit de voir les visages de ces gens qui ont goûté pour la première fois (depuis longtemps) à la liberté, en date du 9 novembre 1989.

    Il ne faut toutefois pas oublier que la chute du mur de Berlin n’a pas forcément apporté à ces personnes ce qu’elles attendaient et ce qu’elles espéraient, mais ça c’est une autre histoire.

    On a d'ailleurs assisté il y a quelques années à l'émergence d'un phénomène nommé "Ostalgie", pour désigner le fait que le régime tant haï, n'avait semble-t-il, avec du recul, pas que des mauvais côtés et des personnes éprouvaient carrément de la nostalgie à son égard.

    La chute du mur de Berlin, c'était il y a trente ans mais c'est comme si c'était hier.

     

     

    Andreas Dekany

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  • Mon hommage à Jacques Chirac

     

    Ça fait une dizaine de jours qu’il est parti et c’est le temps qu’il m’a fallu pour analyser pourquoi la nouvelle de sa disparition m’a rendu aussi triste, même si ces choses ne s’expliquent pas toujours avec des mots mais dans ce cas, la réponse est assez simple et c'est ce que je vais développer dans cet hommage.

    Jacques Chirac m’a en quelque sorte accompagné au cours de mon enfance et de mon adolescence et ce jusqu’à la fin de mes études.

    Il était pour moi, comme sans doute pour de nombreuses autres personnes de ma génération, comme un ami éloigné de la famille qu’on appréciait beaucoup, qu'on trouvait sympathique et drôle, qu’on voyait régulièrement à la télévision et qu'on avait l'impression de connaître.

    Dans les années 1980, il y avait en tout et pour tout six chaînes de télévision; trois en France et trois en Suisse, on pouvait donc difficilement rater l’élection présidentielle qui avait lieu à l'époque tous les sept ans.

    Mes principaux souvenirs de l’ancien Président, peuvent être résumés en 4 dates.

    Le débat du deuxième tour de l’élection présidentielle de 1988 :

    C’est là mon premier souvenir de politique en général : le débat Mitterrand-Chirac, qui a clairement tourné à l’avantage du premier, il ne fallait pas être un politologue de génie pour s’en rendre compte et c’est logiquement que François Mitterrand a été réélu pour sept ans.

    J’adorais Jacques Chirac et je me souviens parfaitement que j’étais très déçu après sa défaite pourtant prévisible lors de l’élection présidentielle de 1988.

    La victoire de mai 1995 :

    Je me rappelle très bien que j’étais très heureux pour Jacques Chirac que j’adorais toujours autant, peut-être même plus qu'en 1988.

    La victoire de 1995 était très belle, surtout quand on sait que le nouveau Président revenait de nulle part.

    Quelques semaines avant son élection de mai 1995, personne n’aurait misé un kopek sur Jacques Chirac, car presque tout le monde pensait qu’Edouard Balladur allait gagner.

    Ses « amis » ont donc presque tous misé sur ce dernier, sauf quelques fidèles, comme par exemple Jean-Louis Debré, qui a accompagné Jacques Chirac jusqu’à la fin de sa vie.

    D’ailleurs, je vous recommande vivement le documentaire de Jean-Louis Debré « Mon Chirac », qui est très bien fait, qui est très émouvant et dont voici le lien :

    https://www.youtube.com/watch?v=bUxz1YVg7f4

    Jacques Chirac a cru en lui alors que la plupart de ses proches et les médias ne croyaient plus du tout en lui, il a persévéré et il a finalement gagné, alors même que sa victoire semblait être impossible.

    C’est une belle leçon de vie, qui prouve que rien n’est impossible pour celle ou celui qui a la volonté de réussir.

    1997 et la dissolution de l’Assemblée nationale :

    Je me souviens qu’à l’époque, j’étais à l’école à Brigue, en Haut-Valais, c’est l’année au cours de laquelle j’ai passé la maturité. De nouveau, il ne fallait pas être un politologue de génie pour comprendre que cette dissolution était vouée à l’échec, surtout après les grèves de 1995 et l’impopularité du gouvernement d’Alain Juppé.

    Mais peut-être la dissolution de 1997 a-t-elle permis à Jacques Chirac d’être triomphalement réélu en 2002, puisque le Premier ministre Lionel Jospin a été usé par cinq ans de pouvoir à la tête du gouvernement et il n’a pas réussi à se qualifier pour le deuxième tour.

    Si on prend un peu de hauteur, la dissolution de 1997 pourrait, a posteriori, également être interprétée comme un coup de génie, tout dépend bien entendu du point de vue.

    2003 et le "non" à la guerre en Irak :

    C’est un des moments les plus marquants, je me souviens que j’étais entièrement d’accord avec Jacques Chirac sur la question, j’étais content de constater qu’il y avait au moins une personne de son envergure qui osait dire « non » aux américains.

    Il est vrai qu’Angela Merkel et Vladimir Poutine ont également refusé d’aller en Irak mais c’est presque exclusivement le « non » de Jacques Chirac qu’on a retenu.

    Bien sûr, ce refus d’aller en Irak n’a concrètement pas servi à grand-chose étant donné que les américains y sont quand même allés, suivis par quelques alliés.

    Toutefois, symboliquement, le fait que Jacques Chirac ait tenu tête aux américains, malgré les nombreuses et très fortes pressions, dont il a fait l’objet que ce soit en France ou à l’étranger, est à mon avis d’une grande importance.

    Jacques Chirac n’a pas cédé et il a suivi son instinct et est resté fidèle à ses convictions.

    On dit souvent que Jacques Chirac était un « tueur » dans la mesure où il a "tué" politiquement de nombreux anciens « amis » comme Jacques Chaban Delmas, Valéry Giscard d’Estaing ou d'autres.

    Je réponds systématiquement la chose suivante : "on ne fait pas la carrière qu’il a eue en étant gentil avec tout le monde, c’est impossible".

    Jacques Chirac était évidement gentil et très sympathique avec la plupart de ses concitoyens mais il ne l’était pas toujours vis-à-vis des politiciens.

    Jacques Chirac s’est également illustré en ayant des comportements contradictoires, comme par exemple dans le cadre de son rapport avec l’Europe.

    En 1979 il critique ouvertement et très sévèrement le projet européen, alors qu’en 2005, lors de la campagne du référendum sur la Constitution européenne, il encense carrément l’Union européenne.

    En 1995, il ordonne des essais nucléaires dans l’attolle de Moruroa en Polynésie française, alors qu’en 2002, Jacques Chirac fait un discours remarqué sur l’écologie et sur l’urgence de prendre des mesures pour sauver la planète.

    Si on regarde l’excellent film « Dans la Peau de Jacques Chirac », on se rend compte que c’est également grâce à ses défauts et grâce à ses contradictions, que l’ancien Président était aussi sympathique et en cela, il était très humain.

    Il avait beaucoup de formules et mes préférées, que j’utilise régulièrement sont les suivantes :

    • « C’est loin mais c’est beau », à utiliser quand on arrive enfin dans un lieu perdu loin de tout, après avoir fait un long voyage;
    • "Les sondages, ça va ça vient, c'est comme la queue d'un chien";
    • « Ça fait pschittt » en l’accompagnant du geste adéquat, c’est clairement ma citation préférée, pour dire que quelque chose, en l'occurrence une affaire, s'est dégonflée;
    • "C'est abracadabrantesque", attention à ne pas bafouiller en le prononçant.

    Il y avait aussi ses marionnettes très réussies; d’abord Black Jack du Bébète Show, l’ancêtre des Guignols de l’information (pour les plus jeunes) qui disait tout le temps « crotte » et « crac-crac » en tous cas d’après mes souvenirs.

    Il y avait ensuite sa marionnette très drôle et sympathique des Guignols de l’Information, qui a probablement eu un certain rôle, pour ne pas dire un rôle certain, dans son élection de 1995.

    Il y aurait encore tant à dire à propos de Jacques Chirac et ce n’est pas un hasard si de nombreux livres ont été écrits sur lui, déjà avant son décès, mon préféré étant celui de Jean-François Probst « Chirac : mon ami de trente ans », qui est rempli d’anecdotes drôles et moins drôles.

    J’aurais pu encore rajouter sur ma liste le « discours du "Vel' d’hiv » en juillet 1995 ou la fin de son mandat en mai 2007 et beaucoup d’autres évènement marquants, qui sont restés gravés dans ma mémoire.

    J’aurais beaucoup aimé rencontrer, celui qui nous a, d’une certaine manière, accompagnés pendant plusieurs décennies et je tenais absolument à lui rendre cet hommage.

    Adieu Monsieur le Président!

     

     

    Andreas Dekany

     

     

     

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  • L’Association des Hongrois de Genève va soutenir le Vestiaire social lors de son prochain bal de bienfaisance

    Comme j’ai déjà eu l’occasion de le mentionner dans mes articles précédents, le Comité de l’Association des Hongrois de Genève organise en ce moment son prochain bal de bienfaisance qui aura lieu le samedi 26 janvier 2019, dès 18heures à l’Hôtel des Bergues, c'est-à-dire dans exactement quatre jours.

    Le but du bal sera de soutenir le Vestiaire social, cogéré par Caritas Genève et le Centre social protestant.

    Le Vestiaire social offre en contrepartie de bons des services sociaux, des habits et des chaussures aux familles et aux personnes les plus démunies à Genève.

    J’ai eu l’occasion de visiter les locaux du Vestiaire social et de rencontrer certains bénévoles qui aident à trier les vêtements reçus.

    On se croirait vraiment dans un magasin, tant les habits sont de bonne qualité.

    Ce qui m’a beaucoup plu dans l’activité du Vestiaire social, c’est le côté local et extrêmement concret.

    Le Vestiaire social a été créé en 1956 pour donner des habits aux Hongroises et aux Hongrois, qui ont quitté leur pays suite à la révolution d’octobre.

    Pas plus tard que lundi, j’ai croisé un Hongrois qui est à Genève depuis 1956, qui a reçu des habits du Vestiaire social à l’époque, qui m’a dit qu’il trouvait que c'était une excellente idée de soutenir cette cause en 2019.

    Le fait que le Vestiaire social soit le bénéficiaire du prochain bal de bienfaisance est évidemment symboliquement très fort et c’est notamment ainsi que nous souhaitons exprimer notre immense gratitude.

    Je tiens à préciser enfin, que le bal de bienfaisance est ouvert à toutes et à tous et pas uniquement aux Hongroises et aux Hongrois.

    Toutes les informations à propos des inscriptions sont publiées sur la page Facebook de l’Association, sous le lien suivant et vous pouvez encore vous inscrire:

    https://www.facebook.com/Association-des-Hongrois-de-Genève-194464877650456/

    Il est par ailleurs possible de s'inscrire directement en cliquant sur le lien suivant, les coordonnées bancaires de l'Association y sont indiquées, si vous souhaitez faire un don.

    https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSe3dwjjN1iqrnIM010wzJTzjjo6lzaLB0bt-x_HiYpa8zUskA/viewform?fbclid=IwAR0cg9se97JyX3yTmbSvo48X23A6CTO8SrW4vlU7D_DbmBWaVDoaoVPpuEc

    Je me réjouis d’ores et déjà de vous accueillir le 26 janvier !

     

     

    Andreas Dekany

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  • L’invité d’honneur du prochain bal de l’Association des Hongrois de Genève du 26 janvier sera le peintre Antonio Natale

    Le Comité de l’Association des Hongrois de Genève prépare en ce moment son prochain bal de bienfaisance qui aura lieu le samedi 26 janvier 2019 dès 18 heures à l’Hôtel des Bergues.

    Le but du bal sera de soutenir le Vestiaire social, cogéré par Caritas Genève et le Centre social protestant.

    Le Vestiaire social offre en contrepartie de bons des services sociaux, des habits et des chaussures aux familles et aux personnes les plus démunies à Genève.

    L’invité d’honneur de l’Association des Hongrois de Genève sera cette année le peintre Antonio Natale, qui est un ami des Suisses, des Genevois et des Hongrois, il est d’ailleurs de plus en plus connu dans notre ville.

    Il utilise des billets de banque qui ne sont plus en circulation pour en faire des tableaux magnifiques.

    Vous pourrez admirer l’une de ses œuvres sur ma page Facebook, que je vais publier en même temps que le présent article.

    Antonio a utilisé un ancien billet de 100 forints hongrois pour en faire une œuvre magnifique.

    Antonio nous réserve par ailleurs quelques surprises pour le bal du 26 janvier 2019, que nous sommes très curieux de découvrir.

    Toutes les informations relatives au bal se trouvent sur la page Facebook de l'Association des Hongrois de Genève:

    https://www.facebook.com/Association-des-Hongrois-de-Genève-194464877650456/

    Vous pouvez en outre vous inscrire au bal sous le lien suivant, vous y trouverez également les coordonnées bancaires, si vous souhaitez faire un don:

    https://docs.google.com/forms/d/e/1FAIpQLSe3dwjjN1iqrnIM010wzJTzjjo6lzaLB0bt-x_HiYpa8zUskA/viewform?fbclid=IwAR0cg9se97JyX3yTmbSvo48X23A6CTO8SrW4vlU7D_DbmBWaVDoaoVPpuEc

    Je tiens à préciser enfin, que le bal de bienfaisance est ouvert à toutes et à tous et pas uniquement aux Hongroises et aux Hongrois.

    J’espère que j’aurai le plaisir de vous accueillir le 26 janvier !

     

     

    Andreas Dekany

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  • Le bénéficiaire du prochain bal de l’Association des Hongrois de Genève sera le Vestiaire Social

    Le Comité de l’Association des Hongrois de Genève organise en ce moment son prochain bal de bienfaisance qui aura lieu le 26 janvier 2019 à l’Hôtel des Bergues.

    Le but du bal sera de soutenir le Vestiaire Social, cogéré par Caritas Genève et le Centre social protestant.

    Créé en 1956 pour aider les Hongroises et les Hongrois qui ont quitté leur pays après la révolution d’octobre, le Vestiaire Social offre en contrepartie de bons des services sociaux, des habits et des chaussures aux familles et aux personnes les plus démunies à Genève.

    Les bénéfices de la soirée lui seront versés pour l’acquisition de vêtements d’enfants.

    Le fait de soutenir le Vestiaire Social est symboliquement très important et très fort pour l’Association des Hongrois de Genève que j’ai l’honneur de présider et c’est en particulier ainsi que nous souhaitons exprimer notre immense gratitude.

    Je tiens à préciser par ailleurs, que le bal de bienfaisance est ouvert à toutes et à tous et pas uniquement aux Hongroises et aux Hongrois.

    Toutes les informations à propos des inscriptions au bal seront publiées au cours de ces prochains jours sur la page Facebook de l’Association, sous le lien suivant : https://www.facebook.com/Association-des-Hongrois-de-Genève-194464877650456/

    J’espère avoir le plaisir de vous accueillir nombreuses et nombreux le 26 janvier 2019!

     

    Andreas Dekany

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  • Hongrie: Nouveau triomphe de Viktor Orbàn lors des élections du 8 avril 2018

    Les Hongroises et les Hongrois étaient appelés aux urnes pour renouveler leur Parlement le 8 avril 2018.

    Les médias ont annoncé un taux de participation record tout au long de la journée.

    Selon les experts, plus le taux de participation serait élevé, plus la défaite du FIDESZ de Viktor Orbàn serait probable.

    Un vent de changement de majorité semblait souffler sur Budapest en cette belle journée de printemps.

    De nombreuses personnes ont d’ailleurs attendu sagement pendant plusieurs heures devant certains bureaux de vote, avant de pouvoir enfin déposer leur bulletin de vote dans l'urne.

    À ce moment-là, tout et son contraire semblait être possible.

    Plus le taux de participation augmentait, plus les dirigeants de l’opposition étaient confiants et plus ils pensaient que la victoire était possible.

    Tout à coup, tard dans la soirée, le résultat est tombé : 134, c’est-à-dire plus des deux tiers des sièges au Parlement pour le FIDESZ, qui n’a laissé que des miettes à l’opposition.

    On a pu constater un fossé entre Budapest, qui a voté en grande majorité pour des partis de l'opposition et la province, qui a massivement soutenu le FIDESZ.

    Après 2010 et 2014, c’est la troisième fois que Viktor Orbàn et le FIDESZ remportent les deux tiers des sièges au parlement, ce qui leur permet de modifier la Constitution.

    Viktor Orbàn, qui aura 55 ans en mai, est donc réélu pour un quatrième mandat, il avait déjà été Premier ministre entre 1998 et 2002.

    À cette époque, il n’avait pas pu gouverner seul, il a dû former une coalition avec d’autres partis.

    Depuis huit ans, Viktor Orbàn règne sans partage sur la Hongrie et le peuple lui a renouvelé sa confiance pour quatre années supplémentaires.

    Le fait que le taux de participation ait été si élevé (près de 70%) apporte encore plus de légitimité à l’homme fort de la Hongrie.

    Il y a à mon sens deux raisons principales qui expliquent cette nouvelle victoire.

    Premièrement, le rôle de père protecteur de la nation, voire même de l’Europe, endossé depuis quelques années par Viktor Orbàn lui a clairement été favorable.

    Il y a quelques temps, l’hebdomadaire suisse allemand « die Weltwoche » avait d’ailleurs consacré sa une au Premier ministre hongrois, avec le titre suivant : « Orbàn Viktor, Verteidiger Europas » (défenseur de l’Europe).

    C’est exactement l’image qu’a actuellement Viktor Orbàn, non seulement en Hongrie mais également auprès de nombreuses personnes en Europe et même dans le monde.

    Ceci n’est évidemment pas pour lui déplaire, lui qui se voit avoir un destin international.

    La deuxième raison principale du succès de Viktor Orbàn est due à la faiblesse et à la division de l’opposition.

    Pour espérer avoir une chance de succès, l'opposition aurait dû faire des alliances électorales dans chaque circonscription et ce depuis longtemps et présenter au poste de Premier ministre un candidat unique, bien préparé, charismatique et crédible.

    L'opposition n’a toutefois pas trouvé un tel candidat.

    Le mode de scrutin en partie majoritaire à un tour nécessitait une alliance sans failles des partis de l’opposition.

    Une élection partielle locale du 25 février dernier a prouvé que l’opposition, si elle partait unie, pouvait battre le FIDESZ.

    Lors des élections parlementaires du 8 avril 2018, l'opposition est toutefois restée divisée et désorganisée jusqu’au bout, présentant plusieurs candidats au poste de Premier ministre.

    Il y a certes eu quelques retraits de candidatures au profit d’autres candidats de l’opposition, jusqu'au dernier moment dans certaines circonscriptions, cela n’a toutefois pas empêché le FIDESZ de remporter, une fois de plus, les deux tiers des mandats au Parlement.

    Dans certaines circonscriptions à Budapest, des candidats de l’opposition se sont carrément affrontés, faisant ainsi gagner le candidat du FIDESZ.

    À présent, l’opposition hongroise, ou ce qu’il en reste, est plus divisée que jamais, ce qu’on peut aisément comprendre après cette nouvelle défaite cuisante.

    Les présidents des partis démissionnent les uns après les autres.

    Quant à Viktor Orbàn, il peut continuer à gouverner son pays à sa guise et à mener sa politique comme bon lui semble, au moins jusqu’en 2022, voire plus longtemps, tant l’émergence d’une opposition capable de remporter les élections dans quatre ans semble incertaine et improbable au moment où j’écris ces lignes.

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  • Vive le Grand Genève! (Ma conception du Grand Genève)

    À la fin du mois de septembre 2016, j’ai eu la chance de faire partie d’une délégation franco-suisse qui a fait un voyage à Paris et qui a visité l’Assemblée Nationale et le Sénat.

    Nous étions invités par Madame Virginie DUBY-MULLER, Député de la Haute-Savoie et par Monsieur Cyril PELLEVAT, Sénateur de la Haute-Savoie.

    Nous avons pu voir les ors de la République de l’intérieur, ce qui était passionnant et très instructif.

    Lors de ce voyage, nous étions 17; il y avait des personnes de la France voisine, des Genevois, ainsi qu’un ou plusieurs Vaudois, je ne sais plus exactement.

    Je serais toutefois incapable de dire précisément quel était le lieu de domicile ou quel était le lieu d’origine de chacune de ces personnes.

    C’est au moment où nous avons dû montrer nos passeports et nos cartes d’identité, lors de l'accès aux différents bâtiments officiels, que je me suis fait la réflexion : « lui, est français" ou "il est suisse ».

    Toutefois, en y repensant, je me suis dit que l’origine des personnes ayant fait partie de ce voyage n’avait finalement strictement aucune importance et je pense que c’est précisément cela le Grand Genève, en tous cas dans ma conception.

    Les frontières étatiques et cantonales n’ont aucune importance et ce qui compte, c’est que les habitantes et les habitants de cette région aient des synergies communes et des buts communs.

    Je me suis d’ailleurs rendu compte de cela en allant à l’inauguration de la Mairie d’Arthaz Pont-Notre-Dame en Haute-Savoie il y a quelques semaines.

    A cette occasion, je me suis d’ailleurs dit que, si elle avait eu lieu dans le Canton de Genève, cette inauguration n’aurait pas été bien différente et j’ai même failli oublier que je me trouvais dans un autre pays.

    J’ai eu l’occasion de rencontrer un certain nombre d’entrepreneurs, de travailleurs et de politiciens de l’Ain et de la Haute-Savoie ces derniers temps, j’ai beaucoup d’affinités avec ces personnes et c’est dans ce contexte que j’ai ressenti ce qu’est, en tous cas dans ma conception, l’esprit du Grand Genève.

    Donc, en un mot comme en cent :

    Vive le Grand-Genève !

     

    Andreas Dekany

     

    PS : Voici le lien pour avoir plus d’informations sur le Grand Genève :

     

    http://www.grand-geneve.org/

     

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  • La Révolution hongroise d’octobre 1956 : c’était il y a 60 ans

    Nous célébrons le 60ème anniversaire de la Révolution hongroise du 23 octobre 1956 cette année.

    L’Association des Hongrois de Genève, avec le soutien de la Ville de Genève, organise à cette occasion un concert gratuit au Victoria Hall, en date du samedi 22 octobre 2016 à 19 heures, avec la présence de l’Orchestre symphonique de la Radio Hongroise.

    Les détails à propos de cet évènement sont indiqués sur le site Internet dont le lien est le suivant : www.hongrie1956.ch.

    Il reste encore quelques billets et je tiens à souligner que ce concert est ouvert à toute la population de Genève et d'ailleurs.

    Quels étaient les tenants et les aboutissants de la Révolution hongroise de 1956 ?

    C’est à cette question que je vais brièvement répondre.

    Au début de l’année 1945, les troupes soviétiques ont libéré la Hongrie en chassant les soldats allemands.

    Très rapidement, les libérateurs sont devenus des occupants et les Soviétiques ont imposé le régime communiste à leurs pays satellites, un régime sans libertés, qui punissait sévèrement les citoyens qui osaient s’opposer au pouvoir.

    Les Soviétiques ont mis leurs hommes de confiance, qui appliquaient leur politique, à la tête de ces pays, comme c’était le cas de Màtyàs Ràkosi en Hongrie.

    Staline meurt en 1953 et le rapport Khrouchtchev de février 1956, qui dénonce les crimes de Staline, fragilise fortement le régime communiste.

    Le 23 octobre 1956, les Hongrois se sont révoltés contre le régime communiste, sous lequel ils vivaient depuis plusieurs années.

    Les Hongrois ne voulaient plus être occupés par les Soviétiques et ils voulaient être libres.

    Leurs exigences étaient fixées dans une « résolution-programme » de 16 points qui comprenait notamment le retrait des troupes soviétiques du pays, la formation d’un gouvernement sous la direction d’Imre Nagy, l’organisation d’élections libres, la liberté de la presse et la liberté d’opinion etc.

    Grâce au courage, à la solidarité et à la soif de liberté de nombreuses Hongroises et de nombreux Hongrois, les chars soviétiques ont dans un premier temps pu être chassés de Hongrie.

    Il semblait que l’Union Soviétique avait cédé.

    Fin octobre 1956, Imre Nagy est nommé Premier ministre et il forme un gouvernement.

    Pendant quelques jours, les Hongroises et les Hongrois ont vécu dans l’espoir d’être libres, seulement pendant quelques jours malheureusement.

    Les Soviétiques ont en effet changé d’avis, après avoir fait croire que la Hongrie était libre, ils ont envoyé leurs chars pour écraser la révolution en date du 4 novembre 1956.

    Les Hongrois n’avaient aucune chance de résister, au vu des moyens disproportionnés mis en œuvre par les Soviétiques.

    Ainsi, la révolution a été écrasée, environ 200'000 personnes ont quitté leur pays à cette époque pour fuir à l’Ouest.

    Des milliers de personnes ont été arrêtées, emprisonnées et même exécutées dans les années qui ont suivi la révolution.

    Les Soviétiques ont placé leur homme de confiance, Jànos Kàdàr, à la tête de la Hongrie.

    Imre Nagy et ses compagnons, dont le Ministre de la défense, Pàl Maléter, ont été exécutés en date du 16 juin 1958.

    En date du 16 juin 1989, Imre Nagy et ses compagnons ont eu droit à des funérailles nationales sur la Place des héros à Budapest, en présence de 200'000 personnes, dont la retransmission télévisée a été vue par plusieurs millions de Hongroises et de Hongrois.

    A cette occasion, un jeune étudiant a fait un discours remarqué, il exige notamment le retrait des troupes soviétiques de la Hongrie et la tenue d’élections libres (ça vous rappelle quelque chose?).

    Mais qui est donc ce jeune étudiant ?

    Il s’agit d’un certain Viktor Orbàn, inconnu avant de prononcer son fameux discours, qui est devenu député au Parlement hongrois, lors des élections libres organisées au printemps de l’année 1990, on connaît la suite.

    Viktor Orbàn a été Premier ministre de la Hongrie de 1998 à 2002 et de nouveau depuis 2010.

    Le 6 juillet 1989, la Cour suprême hongroise réhabilite Imre Nagy et ses compagnons.

    Le même jour, Jànos Kàdàr, qui avait été à la tête de la Hongrie pendant 32 ans et qui avait eu une grande responsabilité dans l’exécution d’Imre Nagy, meurt après une longue maladie.

    Le fait que Jànos Kàdàr soit mort précisément le jour de la réhabilitation d’Imre Nagy, m’a toujours fasciné et l’Histoire nous réserve parfois ce genre de coïncidences remarquables.

    J’ai eu l’occasion de participer à l’émission « Genève à Chaud » sur Léman Bleu, en date du 17 octobre 2016, en compagnie de Monsieur Egon Kiss-Borlase, Président de l’Association des Hongrois de Genève pour évoquer les évènements de 1956.

    Voici le lien pour regarder l’émission :

    http://www.lemanbleu.ch/replay/video.html?VideoID=30672

    A cette occasion, j’ai répondu la chose suivante à la question de savoir comment je percevais la révolution hongroise de 1956:

    « C’est un rapport très fort. Quand on me dit 1956, 23 octobre, c’est un réflexe pavlovien et ça déclenche en moi une émotion, en pensant à toutes ces personnes, des hommes et des femmes qui se sont battus pour la liberté, parce que c’est de cela qu’il s’agit. Ils en avaient marre d’être occupés par les Russes, d’être sous l’oppression des Russes, ils voulaient la liberté et certains et certaines y ont laissé leur vie, beaucoup même. Alors qu’à l’heure actuelle, en Europe, la liberté de la presse, de manifester et d’expression sont des libertés normales, si on peut dire, ça coule de source, il ne faut jamais oublier, qu’il n’y a pas si longtemps, des hommes et des femmes se sont battus pour cette liberté ».

    Ce que j’ai répondu à Pascal Décaillet dans l’émission Genève à Chaud du 17 octobre 2016, résume bien ma pensée en lien avec les évènements de 1956.

    A l’heure où les pays européens vivent fort heureusement en paix depuis quelques années, il n’est pas inutile de se rappeler que des personnes ont fui leur pays et sont mêmes mortes alors qu’elles étaient en quête de liberté, une liberté qui est devenue presque normale et de plus en plus banale de nos jours, qui était cependant tellement précieuse, qui paraissait inatteignable il n’y a pas si longtemps dans les pays de l'Europe de l'Est.

     

     

    Andreas Dekany

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  • QUEEN À BUDAPEST LE 27 JUILLET 1986 : L’HISTOIRE D’UN CONCERT HISTORIQUE !

    Budapest, le 27 juillet 1986, il y a presque 30 ans, c’est la date d’un concert exceptionnel, dont le théâtre est le Népstadion (Stade du peuple, qui s’appelle aujourd’hui : stade Ferenc Puskàs du nom du footballeur hongrois mondialement connu) :

    C'est le concert du légendaire groupe britannique Queen !

    L’organisation d’un tel concert peut paraître banale de nos jours, à l’heure de la libre circulation des personnes et des capitaux au sein de l’Union européenne.

    Il faut toutefois se situer dans le contexte de l’époque ; le mur de Berlin est encore là, certes plus pour longtemps mais personne ne pouvait se douter en 1986 qu’on allait assister à sa chute un peu plus de trois ans plus tard.

    Par ailleurs, les régimes communistes et les groupes de rock n’roll de l’Ouest ne faisaient pas forcément bon ménage.

    Le régime en vigueur sous Jànos Kàdàr qui dirigeait la Hongrie n’avait certes rien à voir avec le régime totalitaire roumain ou est-allemand de l’époque, l’organisation d’un tel concert était malgré tout loin d’être évidente.

    Il fallait non seulement avoir l’accord du Parti unique mais il fallait en plus avoir les devises nécessaires pour pouvoir payer le groupe.

    Le grand mérite de l’organisation du concert de Queen à Budapest revient principalement à Làszlo Hegedüs, le dirigeant de la société hongroise organisatrice de concerts, Multimedia Kft.

    Làszlo Hegedüs avait déjà pris contact avec le manager de Queen, Jim Beach, en 1983 et il lui avait demandé si un concert en Europe de l’Est intéressait le groupe.

    Les discussions ont duré plusieurs années.

    Il fallait tout d’abord obtenir l’accord, au moins tacite, du Parti unique pour organiser un tel concert.

    Malgré quelques critiques dues au prix élevé des billets et aux  devises en dollar qui devaient être avancées, les autorisations pour organiser le concert ont pu être obtenues rapidement et assez facilement.

    D'après les témoignages de l'époque, un grand nombre de dirigeants du Parti unique ont assisté au concert.

    L'armée avait même été appelée à l'aide afin de fournir l'électricité nécessaire pour ce genre de concert.

    D’après les informations qui ont pu être obtenues, Queen demandait 220'000.- dollars par concert lors de la tournée de 1986.

    Les organisateurs ont été en mesure de réunir 110'000.- dollars et le manager de Queen Jim Beach et les Hongrois ont eu l’idée de réaliser un film du concert à Budapest, dont les bénéfices serviraient à payer au groupe les 110'000.-dollars manquants.

    L’excellent film du concert dont le titre est « Hungarian Rhapsody-Queen Live in Budapest » permet aux personnes qui n’ont pas eu la chance d’y assister (comme moi) de revivre cet évènement exceptionnel.

    C’était en effet une des premières fois qu’un groupe de rockn'roll aussi populaire et apprécié que Queen faisait un concert de cette ampleur de l’autre côté du rideau de fer.

    Le film du concert peut être intégralement visionné sous le lien suivant :

    https://www.youtube.com/watch?v=8cTiLQiSsoE

    Ce film est très bien fait. Il montre non seulement le concert mais également les balades du groupe à Budapest.

    Le tour en bateau sur le Danube à l’occasion duquel Freddie Mercury demande si le Parlement de Hongrie est à vendre, combien de chambres à coucher il contient et combien il coûte est resté dans toutes les mémoires.

    Enfin, ce qui prouve à mon sens une fois de plus que Freddie Mercury était non seulement un chanteur extrêmement talentueux mais également une personne exceptionnelle est l’anecdote suivante :

    En arrivant à Budapest, Freddie Mercury a insisté pour apprendre et pour chanter une chanson en hongrois pendant le concert, ce qu’il a fait.

    Freddie Mercury a en effet chanté la chanson hongroise "Tavaszi szél" (vent du printemps) lors du concert du 27 juillet 1986.

    La performance est d’autant plus remarquable et respectable que le hongrois est une langue très difficile.

    Freddie Mercury avait noté les paroles en phonétique sur sa main, afin d’être sûr que sa prononciation soit la plus juste possible.

    Cette chanson peut être écoutée sous le lien suivant :

    https://www.youtube.com/watch?v=C2O4dZgAIcU

    Je n’ai malheureusement pas pu assister au concert de Queen à Budapest mais toutes les personnes que je connais et qui y étaient m’ont raconté la même chose : c’était un moment exceptionnel, unique et...n’ayons pas peur des mots : c’était un moment historique !

     

     

    Andreas Dekany

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  • « Le fils de Saul » ; Oscar 2016 du meilleur film en langue étrangère : une fierté pour la Hongrie

    « Le fils de Saul » est le premier long métrage du jeune réalisateur hongrois, Làszlò Nemes.

    Ce film a remporté il y a quelques jours l’Oscar du meilleur film en langue étrangère. Cette récompense fait suite à de nombreux autres prix obtenus dans différents festivals plus ou moins connus.

    "Le fils de Saul" a notamment gagné le Grand Prix du Festival de Cannes en 2015, ainsi que le Golden Globe en 2016.

    Pour faire un résumé de ce film, il faut tout d’abord rappeler ce qu’étaient les sonderkommandos dans les camps de concentration pendant la deuxième guerre mondiale.

    Les sonderkommandos, autrement dit les unités spéciales, étaient constitués de détenus, la plupart du temps juifs, qui pouvaient être exécutés à tout moment, qui se relayaient jour et nuit et qui étaient contraints d’extraire les cadavres des chambres à gaz, de les brûler dans les crématoires et de disperser leurs cendres.

    Le film montre deux journées de la vie de Saul Ausländer, juif hongrois, dans le camp de concentration d’Auschwitz-Birkenau, au début du mois d’octobre 1944.

    Saul Ausländer fait partie du sonderkommando affecté à l’un des fours crématoires.

    Saul croit reconnaître son fils, lorsqu’il aperçoit un enfant mort dans une chambre à gaz.

    Saul tente de le sauver de l’incinération et de trouver un rabbin, afin d’essayer d’enterrer l’enfant selon le rite approprié.

    Peu de films ont jusqu’à présent traité des sonderkommandos, notamment parce que ces derniers sont assez méconnus car il y avait peu de survivants et même ceux qui ont survécu se sont la plupart du temps abstenus de raconter leurs horribles expériences.

    Le Professeur historien Gideon Greif, spécialiste de l’histoire des camps de concentration et des sonderkommandos en particulier, a notamment collaboré avec le réalisateur Laszlò Nemes dans le cadre de la réalisation de ce film.

    Le Professeur Greif a d’ailleurs eu l’occasion d’interviewer des survivants des sonderkommandos.

    Cette collaboration avec le Professeur Greif et avec d'autres historiens donne d’autant plus de « crédibilité historique » à ce film.

    Il s’agit d’un film très poignant et la façon dont il a été filmé, la caméra est souvent placée derrière Saul, a pour effet que le spectateur vit les évènements comme s'il se trouvait dans la peau de Saul.

    C’est la deuxième fois qu’un film hongrois remporte l’Oscar du meilleur film en langue étrangère.

    La première fois, c’était en 1982, lors de la victoire de « Mephisto », d’Istvàn Szabò, basé sur le roman de Klaus Mann.

    Les récompenses obtenues par « le fils de Saul » et en particulier l’Oscar du meilleur film en langue étrangère ont fait beaucoup de bien à la Hongrie.

    Ça fait plaisir que la Hongrie fasse parler d’elle pour d’autres raisons que les actions de son Premier ministre.

    Les Hongrois n’ont pas souvent l’occasion de se réjouir et les prix obtenus par  « le fils de Saul » leur ont donné l’occasion de ressentir de la fierté, ce qui est hélas beaucoup trop rare par les temps qui courent mais ces rares occasions sont d'autant plus appréciables.

    Rien ne laissait toutefois présager que « Le fils de Saul » allait avoir un tel succès. Il s’agit en effet du premier long métrage du réalisateur, Làszlo Nemes.

    Géza Röhrig, qui joue admirablement bien le rôle de Saul, n’est pas un acteur à la base et le budget du film était très bas.

    Malgré cela, "Le fils de Saul" a un succès planétaire, il a obtenu environ 40 prix dans différents festivals.

    Ceci démontre bien qu’il ne faut pas obligatoirement avoir des millions de dollars, d'euros ou de francs suisses pour faire un bon film.

     

     

     

    Andreas Dekany

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  • Mon hommage à David Bowie

    J’ai décidé de rendre hommage à David Bowie sous la forme d’une auto-interview, on fait bien des selfies…alors pourquoi pas des auto-interviews ?

    Question classique : où te trouvais-tu quand tu as appris la mort de David Bowie ? : J’étais chez ma grand-mère à Budapest, assis sur un vieux fauteuil et j’étais en train de regarder CNN. Il était entre 8h30 et 9heures du matin le lundi 11 janvier 2016. Tout à coup, je vois le titre suivant s’afficher en bas de l’écran de la télévision sous le slogan « Breaking news » : « David Bowie dies aged 69 » !

    Qu’as-tu ressenti à ce moment-là ? Je n’ai d’abord pas voulu y croire, je pensais que j’étais en train de rêver, que j’avais mal vu. Ensuite, quand j’ai réalisé que c’était vrai, j’ai ressenti une immense tristesse.

    Quel est ton premier souvenir de David Bowie ? Lors des fêtes de fin d’année de 1993 je m’étais acheté le double CD « The singles collection » une compilation des singles de David Bowie entre 1969 et 1993. C’est là que j’ai découvert ce chanteur génial et ses chansons les plus connues comme Let’s dance, Young Americans, Space odity, Ashes to Ashes, Ziggy Stardust etc. Ce qui m’a tout de suite frappé, c’est la diversité dans le style des chansons. Il y en a certaines qu’on peut apprécier lors de la première écoute, comme par exemple « Let’s dance », « China Girl », en revanche, pour d’autres, il faut les écouter plusieurs fois pour pouvoir les apprécier, l’exemple qui me vient à l’esprit est la chanson « Heathen » de l’album du même nom ou « Lazarus » qui est sur son dernier disque, "Blackstar" sorti au début de cette année.

    As-tu eu l’occasion de voir David Bowie en concert ? Oui, j’ai eu cette chance une seule fois, en date du 24 octobre 2003 au Hallenstadion de Zurich. C’était juste après la sortie de l’album « Reality ». C’était vraiment un grand moment de le voir en live. Je connaissais ses chansons par cœur. ARTE avait diffusé le film du concert à Paris en 2002, que j’avais enregistré sur une cassette VHS (eh oui !) et je me souviens que je regardais cette vidéo en boucle à la fin de l’année 2002, c’était vraiment une performance extraordinaire et je voulais absolument assister à un concert de David Bowie, ce que j’ai pu faire en octobre 2003, juste avant qu’il arrête de faire des tournées, en 2004, à cause de problèmes de santé. Il devait venir au Paléo Festival de Nyon en juillet 2004, j’avais même pris les billets, il n’est hélas jamais venu et il n’a plus jamais fait de tournées par la suite. J’ai eu la chance de voir un de ses concerts. Le concert au Hallenstadion était très réussi, une très grande performance de la part de David Bowie, qui avait duré au moins 2 heures 30 et il avait chanté 24 chansons. Un DVD du "Reality tour" est sorti il y a quelques années, je le recommande à toutes celles et à tous ceux qui ne connaissent pas très bien David Bowie et qui souhaiteraient le découvrir.

    Quel est ton disque préféré de David Bowie ? Il y en a eu tellement et c’est difficile d’en choisir un mais je dirais que celui qui m’a le plus marqué est « 1. Outside » paru en 1995, un disque de genre rock industriel et expérimental, dont une illustration parfaite est la chanson « Heart’s filthy lesson ». Je pourrais aussi citer le disque « Heathen » qui a été mon disque de chevet en 2002 et en 2003.

    Quelle est ta chanson préférée de David Bowie ? Là encore, la question n’est pas facile. Je dirais que c’est la version live de « Changes » interprétée lors de la tournée Heathen en 2002, avec notamment la bassiste au talent fou, qui a une très belle voix : Gail Ann Dorsey. Cette chanson apparaît dans le film diffusé par ARTE, voici le lien pour écouter ce chef d’œuvre sur Youtube : https://www.youtube.com/watch?v=IJSv6JXKS_I

    Sinon, une autre chanson que j'ai toujours beaucoup de plaisir à écouter est la version live de "Rebel Rebel"interprétée lors du Reality tour de 2003. Si vous avez de la peine à vous réveiller le matin, le fait d'écouter cette chanson pourrait vous aider:

    https://www.youtube.com/watch?v=eF551z9KlA8

     

     

     

     

     

     

     

     

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  • Chute du mur de Berlin : le rôle déterminant joué par le Premier ministre hongrois Miklos Németh en 1989

    Alors que le mur qui est actuellement construit par un Premier ministre hongrois à la frontière entre la Serbie et la Hongrie fait couler beaucoup d’encre, j’aimerais écrire à propos d’un autre Premier ministre hongrois et d’un autre mur.

     

    Le mur est celui de Berlin, construit en 1961 pour empêcher les allemands de l’Est de quitter leur pays.

     

    Le Premier ministre hongrois dont je souhaite brièvement raconter l’histoire s’appelle Miklos Németh.

     

    Ce nom ne vous dit sûrement rien et c’est normal et regrettable qu’il ne soit pas plus connu, alors même que, comme vous le constaterez, il a joué un rôle déterminant dans le cadre de l’Histoire européenne.

     

    Miklos Németh est né en 1948, il a fait des études d'économie et il a rapidement gravi les échelons de l’appareil étatique d’un pays gouverné à l’époque par le parti unique.

     

    En 1988, les postes de Premier secrétaire du Parti unique et celui de Premier ministre étaient occupés par la même personne, Gyula Grosz.

     

    Ce dernier voulait remettre son poste du Premier ministre et laisser la place à quelqu’un qui serait une sorte de fusible à sa botte et qui sauterait si les choses ne devaient pas  se dérouler de façon idéale, notamment au niveau économique.

     

    La Hongrie était en effet au bord de la faillite dans les années 80 à cause du fait que le train de vie de l’Etat était financé par des emprunts qui étaient la plupart du temps en devises de l’Ouest.

     

    C’est ainsi que Miklos Németh a été nommé Premier ministre le 24 novembre 1988.

     

    À l’époque, le gouvernement était à la botte du Parti unique, ceci va changer avec le nouveau Premier ministre, qui a rapidement réussi à s'en désolidariser.

     

    Pourquoi Miklos Németh a-t-il joué un rôle déterminant dans le cadre de la chute du mur de Berlin ?

     

    Les Allemands de l’Est retrouvaient chaque année leurs cousins de l’Ouest lors des vacances d’été, notamment au bord du Lac Balaton, en Hongrie.

     

    Une barrière séparait l’Autriche de la Hongrie à cette époque.

     

    Le nouveau Premier ministre s'est très vite rendu compte que l’entretien de cette barrière à la frontière entre l’Autriche et la Hongrie coûtait extrêmement cher, le pays n’en avait pas les moyens et il a tout simplement décidé de la supprimer.

     

    Il faut se replacer dans le contexte de l’époque, si une telle décision avait été prise quelques années plus tôt, les conséquences politiques pour le Premier ministre auraient sans doute été très différentes.

     

    M. Németh a annoncé cette décision aux Autrichiens en février 1989.

     

    Ces derniers n’étaient évidemment pas particulièrement heureux d’apprendre cette nouvelle, vu que cela donnait beaucoup plus de travail à leurs gardes-frontières.

     

    Au début du mois de mars 1989, Miklos Németh a recontré M. Gorbatchev à Moscou et il lui a annoncé que la Hongrie voulait démanteler son dispositif frontalier.

     

    M. Gorbatchev lui a répondu: « faites ce que bon vous semble ».

     

    Cette réponse était naturellement inattendue et la Hongrie n’aurait probablement pas pu faire « comme bon lui semble », si un partisan de la ligne dure, autrement dit un « hardliner », avait occupé le poste de M. Gorbatchev à Moscou en 1989.

     

    Ensuite, les évènements se sont accélérés, dès le mois de mai 1989 le démantèlement de la frontière a commencé.

     

    Les fils de fer et les barbelés ont certes disparu mais la police des frontières a toutefois continué à surveiller les frontières de manière sévère.

     

    Au début du mois d’août 1989, sentant le vent tourner, de plus en plus d’Allemands de l’Est se sont rendus en Hongrie pour tenter de passer à l’Ouest.

     

    La décision d’ouvrir les frontières a été prise à la fin du mois d’août 1989 et elle a pris effet au début du mois de septembre 1989, il y a exactement 26 ans.

     

    C’est ainsi que des milliers d’Allemands de l’Est se sont mis en route pour rejoindre leurs cousins de l’Ouest, ce qu’ils n’avaient plus pu faire depuis plus de 28 ans.

     

    On connaît la suite, la chute du mur de Berlin a eu lieu le 9 novembre 1989 et les régimes communistes se sont effondrés les uns après les autres .

     

    Il est unanimement admis et incontesté, que les décisions de M. Németh de démanteler la frontière entre l’Autriche et la Hongrie et de laisser sortir les Est-allemands du pays ont eu un rôle déterminant dans le cadre de la chute du mur de Berlin.

     

    Il s’agit de la première brèche dans le mur de Berlin (der erste Riss in der Mauer) dont la chute sera beaucoup plus rapide que quiconque aurait même osé l’imaginer au cours de l’été 1989.

     

     

     

     

    Andreas Dekany

     

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  • Hongrie : Le Premier Ministre Viktor Orbàn perd « sa super-majorité » des deux tiers au Parlement

    Lors des élections législatives du 6 avril 2014, la majorité du Premier Ministre Viktor Orbàn a obtenu exactement deux tiers des mandats au Parlement, 133 sièges sur 199.

    Il faut savoir que depuis qu’il est revenu au pouvoir en 2010, Viktor Orbàn a toujours gouverné en ayant une « super-majorité » des deux tiers, ce qui lui a notamment permis de modifier la Constitution de manière unilatérale, sans aucune consultation et de faire de très nombreuses réformes dans des domaines extrêmement variés.

    Le député de la 1ère circonscription du département de Veszprém, Tibor Navracsics, étant devenu Commissaire européen, son siège a été remis en jeu lors de l’élection partielle du dimanche 22 février 2015.

    En 2014, le candidat du parti de Viktor Orbàn était arrivé en tête avec près de 20% de voix d’avance.

    En 2015, c’est un candidat indépendant bien implanté à Veszprém qui a défié le candidat du parti au pouvoir et sa « super-majorité ».

    C’était en effet bien ça l’enjeu de l’élection partielle de dimanche : est-ce que Viktor Orbàn allait ou non perdre sa « super-majorité » ?

    Le candidat indépendant, Zoltàn Kész, soutenu par les partis de l’opposition de gauche, a battu le candidat du gouvernement en obtenant presque 10% de voix de plus que son adversaire du jour.

    Le candidat qui a défié le parti au pouvoir l’a emporté malgré la campagne de dénigrement dont il a fait l’objet et malgré des promesses du gouvernement aux citoyens de la circonscription qui a voté dimanche (notamment la construction d’une nouvelle piscine).

    La perte par Viktor Orbàn de sa super-majorité a eu beaucoup d’écho dans la presse internationale.

    Cependant, le Premier Ministre n’est nullement en difficulté contrairement à ce que j’ai pu lire. Il a en effet à présent 132 sièges au Parlement sur 199 et à ma connaissance, aucun dirigeant d’Europe ne dispose à l’heure actuelle d’une telle majorité.

    Viktor Orbàn pourra continuer à gouverner, c'est toutefois symboliquement que la défaite de dimanche est d’une grande importance avec la perte de la « super-majorité » des deux tiers et c’est d’ailleurs pour cette raison qu’une grande partie de la presse internationale a traité ce sujet.

    A partir de maintenant, le Premier Ministre ne pourra plus modifier la Constitution à sa guise, comme il l’a fait depuis son retour au pouvoir en 2010.

    Viktor Orbàn avait certes déclaré avant l’élection de dimanche qu’il n’avait plus de lois devant être votées par les deux tiers des députés à faire passer, comme s’il pressentait qu’il allait perdre sa « super-majorité ».

    Ainsi, même si la situation du Premier Ministre hongrois peut être enviée par de nombreux dirigeants européens, elle commence à devenir inquiétante pour lui, car son parti a perdu les élections partielles organisées ces derniers mois et cette tendance n’a pas l’air de s’inverser.

    Il est intéressant de soulever que, Tibor Navracsics, dont le siège était remis en jeu dimanche a déclaré après la défaite, que son parti devait changer de stratégie à l'avenir.

    Viktor Orbàn, quant à lui, a écrit sur Facebook dimanche qu'il ne fallait pas se reposer sur ses lauriers, ce qui semble indiquer qu'il y ait une vraie remise en question au sein du parti du Premier Ministre suite à la perte de la "super-majorité" dimanche.

    On a pu constater au cours de ces derniers mois, que Viktor Orbàn  avait de plus en plus de difficultés à faire adopter ses réformes. En effet, entre 2010 et 2014, il a fait passer toutes ses lois et ses réformes, la plupart du temps sans aucune difficulté et sans opposition.

    C'est lorsqu'il a voulu introduire sa taxe sur l'Internet (Internet tax), en octobre 2014, que des manifestations jamais vues depuis 2010 l'ont contraint de retirer son projet, ce qui était une première.

    Viktor Orbàn a toutefois la chance de ne pas avoir d’alternative qui pourrait le remplacer actuellement en Hongrie.

    L’opposition de gauche est en effet la plupart du temps divisée, incapable de sa mettre d’accord sur un projet commun.

    D’ailleurs, la victoire de dimanche n’est pas vraiment celle de l’opposition de gauche.

    Le candidat indépendant a certes gagné avec le soutien de cette dernière, il a toutefois évité de s’afficher en public avec les présidents des partis de gauche car il ne voulait pas être associé à eux et il ne va siéger dans aucun groupe parlementaire.

    Nous verrons en tous les cas au cours des prochains mois, si l’élection de dimanche était ou non un avertissement sans frais pour Viktor Orbàn et sa majorité.

    La prochaine élection partielle aura lieu le 12 avril 2015, ce sera de nouveau un siège du parti du Premier Ministre qui sera remis en jeu et ce sera l’occasion de tirer de nouveaux enseignements.

     

     

    Andreas Dekany

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  • 9 Novembre 1989 : La chute du mur de Berlin synonyme de liberté même pour moi

    L’Allemagne a fêté les 25 ans de la chute du mur de Berlin dimanche, un évènement historique, qui a changé la vie de nombreuses personnes, y compris la mienne, comme je vais l’expliquer.

    L’époque à laquelle l’Europe était divisée en deux entre l’Est et l’Ouest n’est pas si lointaine.

    A l’Ouest régnait la démocratie et le capitalisme et à l’Est la dictature et le communisme.

    L’Allemagne de l’Est était un régime totalitaire où régnait la terreur et où il arrivait les pires horreurs aux personnes qui osaient s’opposer au régime ou qui tentaient de le fuir.

    Le film allemand « La vie des autres » (das Leben der Anderen), avec le regretté Ulrich MÜHE, décrit de façon admirable la terreur que faisait régner la Stasi, la police politique, en Allemagne de l’Est.

    Il est très émouvant et touchant de revoir les images des Allemands de l’Est qui ont traversé la frontière et qui sont passés à Berlin Ouest en cette nuit du 9 novembre 1989, on peut voir à quel point ils avaient soif de liberté.

    De nombreuses personnes sont d’ailleurs décédées en voulant franchir le mur pour fuir à l’Ouest, entre 1961 et 1989.

    Il est très intéressant de regarder des documentaires qui expliquent ce que les Est-Allemands étaient capables d’inventer pour tenter de goûter à la liberté (avion, tunnel sous le mur, montgolfière, cachettes hallucinantes dans des voitures etc.).

    Le mur n’aurait jamais chuté sans le courage de dizaines de milliers d’Est-Allemands, qui, malgré la terreur qui régnait dans leur pays, ont réussi à faire chuter un régime totalitaire.

    Peu de personnes auraient prédit, même quelques mois avant les évènements de novembre 1989, que le mur allait chuter.

    A part les citoyens Est-Allemands, un Hongrois a joué un très grand rôle dans la chute du mur.

    Il s’agit de Gyula HORN, qui était Ministre des affaires étrangères en 1989 et qui a par la suite été Premier Ministre socialiste de Hongrie, sous le nouveau régime, de 1994 à 1998.

    En été 1989, Gyula HORN a en effet ouvert le rideau de fer avec son homologue autrichien, en coupant les barbelés à la frontière entre les deux pays.

    C'est lui qui a déclaré en septembre 1989 que les autorités hongroises laisseraient passer à la frontière tous les citoyens d'Allemagne de l’Est.

    Ainsi, Gyula HORN a joué un rôle déterminant dans la chute du mur et c’est le moins que l’on puisse dire.

    Dans certaines villes allemandes, des rues portent d’ailleurs le nom de Gyula HORN.

    En ce qui me concerne, à titre personnel, la chute du mur a eu une grande importance.

    Je suis né à Budapest, en Hongrie et je suis venu à Genève en 1984.

    A cette époque, le communisme et le parti unique régnaient encore sur le pays.

    Il faut toutefois préciser que ce communisme-là n’avait rien à voir avec celui de l’Allemagne de l’Est, il n’y avait pas ce climat de terreur, il s’agissait d’un « communisme mou » également dénommé « communisme goulasch ».

    Malgré cela, la Hongrie était quand même un pays du bloc communiste, qui n’appréciait pas vraiment que ses citoyens émigrent et pour cette raison, je n’ai pas pu retourner dans mon pays natal pendant quelques temps.

    Il y a un mot allemand qui est « Heimweh », décrivant très bien ce que j’ai ressenti à l’époque.

    On dit « nostalgie » ou « mal du pays » mais aucun mot français n’est à mon sens aussi expressif que ce mot allemand.

    A cette époque, je pensais que je n’allais pas pouvoir retourner en Hongrie pendant de longues années.

    Tout à coup, l’Histoire s’est accélérée ! Des évènements dont presque personne n’aurait osé rêver se sont produits ! La chute du mur, la disparition des régimes communistes dans les pays de l’Europe de l’Est et l’organisation d’élections libres et ce en l'espace de quelques mois.

    Ainsi, grâce à tous ces évènements et grâce à cette accélération de l’Histoire, j’ai pu retourner en Hongrie en décembre 1989, plus de 5 ans après avoir quitté le pays.

    Pour cette raison, même pour moi, qui ne suis pas Est-Allemand, la chute du mur a joué un rôle très important.

    Elle m’a donné la liberté de retourner dans mon pays natal.

    A l’heure où les Européens n’ont quasiment plus de frontières à traverser sur leur continent, il est difficile d’imaginer qu’il fût une époque pas si lointaine, où la liberté n’était qu’un rêve pour certains.

    Les commémorations régulières de la chute du mur ont le grand mérite de nous le rappeler.

     

     

    Andreas Dekany

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  • Suppression des forfaits fiscaux : la classe moyenne en subirait les conséquences !

    Le peuple suisse devra se prononcer en date du 30 novembre 2014 à propos de la suppression des forfaits fiscaux.

    La Gauche, qui, comme tout le monde le sait, déteste les riches, a lancé une initiative populaire fédérale dans ce sens, une initiative cantonale a également été lancée et  les Genevois devront se prononcer sur le sujet le 30 novembre 2014.

    Les personnes qui bénéficient des forfaits fiscaux et qui sont dans la ligne de mire de la Gauche sont des riches personnes physiques de nationalité étrangère, qui ont leur domicile en Suisse et qui n’ont pas droit d’y avoir une activité lucrative.

    L’impôt dû se calcule d’une façon très précise, notamment en prenant en compte le train de vie du contribuable et la valeur locative de son logement ou son loyer.

    A Genève, ces personnes, que la Gauche hait tant, rapportent en moyenne 160 millions de francs de rentrées fiscales au Canton.

    Ces personnes consomment dans les restaurants et les magasins du Canton, elles donnent du travail à des PME et à des entreprises locales actives dans le domaine des services en tous genres.

    Avec la présence de ces personnes à Genève, le Canton, l’économie genevoise et les Genevois en général sont clairement gagnants.

    Si nous supprimons les forfaits fiscaux, ces personnes partiront à Londres, au Portugal, en Irlande ou encore en Belgique.

    Les arguments de la Gauche selon lesquels les bénéficiaires actuels des forfaits fiscaux vont rester chez nous, si nous supprimons les forfaits fiscaux, sont tout simplement faux.

    Ils partiront et c’est normal, par exemple à Londres, au Portugal ou encore en Belgique, en d’autres termes sous des cieux fiscaux beaucoup plus cléments.

    Ils ne vont sûrement pas rester chez nous pour la beauté de nos montagnes ou pour le jet d’eau.

    Pour illustrer mes propos, je prendrai l’exemple très concret de Zurich, qui a aboli les forfaits fiscaux en 2009 :

    A Zurich, 97 personnes sur 201 sont parties durant l'année qui a suivi la suppression des forfaits fiscaux.

    Celles qui sont restées ont permis de compenser les pertes fiscales dans un premier temps, mais seulement grâce à l'apport d'un contribuable s'étant acquitté de plusieurs millions de francs d'impôts.

    Toutefois, ce contribuable ayant quitté le Canton par la suite, le bilan à Zurich est dès lors négatif, contrairement à ce qu'affirment de manière fallacieuse les initiants.

    Il est donc faux de dire que les bénéficiaires des forfaits fiscaux ne partiront pas, si les forfaits fiscaux sont supprimés et c'est logique, ils n’ont pas à aller bien loin, par exemple à Londres ou au Portugal.

    Je rappelle que les forfaits fiscaux rapportent en moyenne 160 millions de francs par an à Genève.

    Qui va compenser ces pertes?

    Sûrement pas les initiants mais plutôt la classe moyenne!

    Eh oui ! C’est la classe moyenne qui subirait les conséquences de la haine des riches de la Gauche.

    Et si la classe moyenne n’a plus les moyens ?

    Alors dans ce cas il faudrait couper dans les prestations sociales et si cela devait arriver, les opposants aux forfaits fiscaux seraient les premiers à se plaindre, à faire des grèves et des manifestations.

    Vous l’avez compris, en fin de compte, les opposants aux forfaits fiscaux agissent à l’encontre des intérêts de notre Canton, de l'économie genevoise et ils agissent également à l’encontre des intérêts des personnes qu’ils prétendent défendre!

    Ne les laissons pas faire !

    Pour cette raison il faut voter NON à l’initiative fédérale "Halte aux privilèges fiscaux des millionnaires" (abolition des forfaits fiscaux).

    Il faut également voter NON à l’initiative cantonales genevoise « Pas de cadeaux aux millionnaires : Initiative pour la suppression des forfaits fiscaux ».

     

    Andreas Dekany

     

    Remerciements : Je remercie le député PLR au Grand Conseil, Edouard CUENDET, de m’avoir mis à disposition une liste de chiffres exhaustive et détaillée sur les forfaits fiscaux.

     

     

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