Il était une fois la nostalgie

Ce texte est le premier d’une série que je vais consacrer à des personnes, à des lieux, à des thèmes ou encore à des objets qui m’ont marqué.

La nostalgie ; je ne m’étais jamais posé la question de savoir quelles étaient les origines et la signification de ce terme, avant de faire la connaissance de l’excellent Patrick Dandrey, Professeur émérite de littérature du 17ème siècle à la Sorbonne.

Il y a quelques mois, j’étais dans le hall d’Uni-Dufour où j’ai aperçu une grande affiche qui a immédiatement attiré mon attention, c’était une publicité pour une série de quatre conférences, lors desquelles le seul et unique orateur allait être le Professeur émérite à la Sorbonne, Patrick Dandrey, organisées conjointement par le Bodmer Lab et l’Université de Genève.

Le titre était le suivant : « Du bizarre au monstrueux, hantise et fascination de l’étrange, de l’Antiquité aux temps modernes ».

Ce titre a immédiatement éveillé mon intérêt et j’ai décidé de suivre cette série de conférences.

La première conférence donnée par le Professeur Dandrey traitait du mot « bizarre » et la question était de savoir de quel malaise le « bizarre » était l’expression.

C’est à cette occasion que j’ai rencontré et que j’ai entendu pour la première fois le Professeur émérite Patrick Dandrey, un excellent orateur, qui m’a donné envie d’aller écouter la deuxième conférence de la série, consacrée à la nostalgie.

Le titre de cette deuxième conférence était le suivant : « Hantise de l’« estrangement » de la souffrance de l’exil à la pathologie de la nostalgie ».

Cette deuxième conférence a été présentée de la manière suivante dans le petit fascicule distribué aux participants :

« Parmi les bizarreries du cadastre psychique, l’une des plus nuancées est certainement le sentiment de nostalgie, ce regret lancinant- mais délectable aussi – du temps et de l’espace, qui enveloppe d’une douce idéalisation le souvenir des paradis perdus. Il refait cruellement surface à notre époque marquée par les vagues d’émigration qui portent avec elle les souffrances de l’exil (…).

La définition de la nostalgie qui a été donnée par le Professeur Patrick Dandrey est la suivante :

« La nostalgie, qui à l’origine fut de lieu, s’est étendue à désigner par image le regret aussi du temps. En ajoutant toutefois au regret quelque chose de plus poignant, mais qui demeure amorti et lancinant : c’est une souffrance ornée et alanguie, qui s’enveloppe d’esthétique et y porte ».

Pour illustrer mon texte, j'ai pris la première page du traité du médecin Johannes Hofer, traitant de la nostalgie (Heimweh), qui était à l'origine un terme médical.

À celles et ceux qui souhaitent approfondir le sujet, je leur recommande d’écouter l’émission très intéressante consacrée à la nostalgie, à laquelle a participé le Professeur Dandrey. Il a notamment été question du « ranz des vaches » (dès la minute 28:30).

https://blog.franceculture.fr/raphael-enthoven/la-nostalgie-au-xviieme-siecle-1/ .

En écoutant cette émission, on apprend notamment que la nostalgie a trois dimensions :

  • Le regret du passé ;
  • Une insatisfaction du présent et
  • Un désespoir de l’avenir.

C’est donc tout naturellement que j’ai choisi la nostalgie comme premier thème de la série de textes intitulés « il était une fois », consacrés à des personnes, à des lieux, à des thèmes ou encore à des objets qui m’ont marqué.

 

 

Andreas Dekany

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